L'Arsucam, qui sera vendu à prix préférentiel à certaines couches de la population, vient renforcer l'arsenal de produits luttant contre la malaria déjà disponibles.
«Une entreprise au service de la vie : nous nous devons de partager notre expertise et de contribuer, ainsi, à l'avancée des soins médicaux là où lès hommes sont les plus vulnérables. Chaque homme, où qu'il naisse, devrait pouvoir bénéficier des thérapeutiques existantes et des développements à venir» ,déclarait, il y a peu, le PDG de Sanofi-Aventis, Jean-François Dehecg. Cette volonté s'est concrétisée le 21 octobre dernier, au Méridien Ré-Ndama, par le lancement officiel du programme CAP (Carte d'accès aux antipaludiques). Ce projet, conjointement mis en place par le ministère de la Santé publique gabonais et le laboratoire précédemment mentionné, a pour objectif de permettre aux populations défavorisées, principalement, d'obtenir un médicament proposé à prix préférentiel.
Et le médicament présenté à cette occasion est l'Arsucam. Ce produit composé d'artésunate et d'amodiaquine, est l'alternative choisie pour répondre « (...) à la résistance du plasmodium falciparum à la quinine et ses dérives. Ce qui a donc obligé le gouvernement, conformément aux indications de l'OMS, d'adopter une approche thérapeutique différente », a expliqué le ministre d'Etat en charge de la Santé publique, Paulette Missambo. En effet, dans certaines régions du Gabon, le parasite responsable du paludisme aurait développé un taux de résistance à la plupart des médicaments connus. Taux qui friserait, les 100% au sein de quelques zones, selon le ministre de la Santé.
D'où la décision d'opter pour le produit des laboratoires Sanofi-Aventis dont la vente répond également au besoin de combler le fossé existant entre la possibilité d'avoir des médicaments et la nécessité d'obtenir ces remèdes à un faible coût, a souligné le Dr Serge-Aimé Issembé, président de l'Association des pharmaciens du Gabon.
Pour ainsi permettre à la population-cible de bénéficier véritablement des avantages qui lui seront proposés par le groupe Sanofii-Aventis, un système de carte d'accès sera mis en place. Cette carte permettra à son détenteur et à sa famille d'obtenir l'Arsucam à prix modique dans les pharmacies ayant décidé d'adhérer à ce programme. Il faudra, cependant, au préalable remplir les conditions d'éligibilité famille nombreuse, bas salaire, etc).
De fait, ce produit antipaludique sera vendu de deux manières. Il y aura le prix "grand public" pour ceux qui n'auront pas droit à la carte d'accès. De l'autre, le prix subventionné. Ici, le principe sera, pour Sanofi-Aventis, sous le contrôle du ministère de la Santé, de le vendre à "prix d'usine". C'est-à-dire que ce groupe n'entend pas, dans ce cadre, prélever une marge bénéficiaire. Et pour les structures partenaires du programme, notamment les pharmacies, elles comptent minimiser leur marge. La faisant passer de 22% à 8% sur ce médicament. Ce second point s'adressera, bien entendu, aux possesseurs de la carte d'accès délivrée par les pharmacies.
Le Gabon est le second pays, après le Cameroun où l'Arsucam a remporté un vif succès, à tester la nouvelle formule présentée par Sanofi-Aventis. Ce qui n'est pas vain. Notamment au regard des statistiques qui montrent que plus de 3 millions de personnes par an perdent la vie à cause du paludisme. Et cela seulement en Afrique subsaharienne.