Inaugurée en Décembre 1979 par le chef de l'Etat S.E. El Hadj Omar Bongo Ondimba, la Fondation Jeanne Ebori ne ressemble plus à rien, 24 ans après.
L'hôpital est en état de dégradation avancé parce qu'il n'a plus subi une cure de jouvence depuis plus d'une décennie. Dans presque tous les services, rien ne fonctionne à merveilles. Les médecins y ont du mal à exercer, faute de matériels et appareils adéquats.
Même dans plusieurs chambres (qui ne sont plus climatisées), il manque parfois de l'eau courante. La plomberie et la tuyauterie étant bouchées.
En attendant de revenir au prochain numéro (avec le Dr Mba Meyo de la FHCNSS), sur les points sensibles comme la réhabilitation et la privatisation de ladite Fondation : dont le preneur reste le GIE VAMED, aujourd'hui, compte tenu des nombreux coup de fils reçus (certainement des malades de cet hôpital), nous allons aborder exclusivement le volet " Restauration " :
En effet, depuis un certain temps, les malades internés se plaignent de la quantité et de la qualité des plats qui leurs sont servis, alors que leurs frais d'hospitalisation atteignent parfois des millions de francs, pour le peu de temps mis dans cette Fondation. Non seulement ils ne mangent pas à leur faim, mais les mets qui leur sont servis laissent à désirer. Si ce n'est pas le sel qui manque, ce sont des plats très salés qui sont servis avec une lourde sauce sans goût (mélange farine et tomate) qui leur sont imposés, parfois, avec une salade mal faite ...
Actuellement, c'est presque la "guerre" entre les filles de salle et les cuisiniers. Les premiers cités subissent les foudres desdits malades qui s'en prennent à elles, comme si elles étaient chargées de faire la cuisine ...
L'une d'entre elles nous a révélé : "Nos collègues cuisiniers sont trop désordonnés. Non seulement ils ne s'appliquent pas lorsqu'ils font la cuisine, mais ils ne prennent pas le temps de mieux nettoyer les aliments avant la cuisson, routine oblige. La salade n'est pas nettoyée, encore moins la tomate qui l'accompagne. Quelqu'un m'a demandé de ne plus la lui servir; et qu'il préférait attendre les plats de son épouse. A la cuisine, c'est la routine, nos vieux et pressés cuisiniers n'ont pas honte d'avancer que ce ne sont pas leurs parents qui mangent cette nourriture. Imaginez-vous, ils ne prennent pas la peine de déplumer correctement les ailes de dinde et autres cuisses de poulet sous prétexte qu'il est impossible de le faire pour plus de cent malades", Ce qui est curieux, poursuit-elle, c'est le silence de leur patronne! Elle a ajouté que depuis bientôt un mois, " tout commence à changer positivement, car ce service vient d'engager temporairement un jeune cuisinier professionnel, sorti d'une grande école africaine. Bien que temporaire, ce dernier; très rigoureux, condamne le comportement de ces "anciens-là ". Sa cuisine ne s'ignore pas dans les chambres. Lundi dernier; un malade compréhensif m'a demandé si on avait recruté un Blanc à la cuisine car la salade était bien faite. Je lui ai dit la vérité qu'il y avait un stagiaire ; disons, un temporaire. Sans faire sa publicité, c'est quelqu'un qu'on doit embaucher ... Malheureusement chez nous, on n'aime pas ce qui est bon ... ".
Alimentation variée et équilibrée
Interrogée à ce sujet, le Dr Lucie Mekemeza, la dynamique Directrice de la Fondation Jeanne Ebori a d'abord précisé d'entrée que l'établissement hospitalier dont elle a la charge n'est pas en ruine, mais en état de dégradation avancée, parce que non réhabilité depuis plus de dix ans. Tout de même, elle a reconnu que dans certaines chambres, il y a effectivement un problème de climatisation, de plomberie et de tuyauterie bouchées.
Entrant après dans le vif du sujet qui nous intéresse (la restauration), le Dr Mekemeza a rassuré l'opinion sur la qualité des plats destinés à ses 200 malades internés. Hormis le beurre qui en fait ces jours-ci défaut au petit déjeuner, ces derniers sont bien nourris, grâce au menu imposé par le Diététicien maison, le Dr Ndong Aboughe. "Ici, les malades sont servis convenablement. Certains veulent manger comme à la maison ou au village. Ce qui n'est pas normal. Leur consommation de protéines, de protides et de lipides doit être raisonnable. En cas de dépassement, ils peuvent nous causer d'autres problèmes, à l'exemple des diabétiques ".
Et le Directeur général de Jeanne Ebori d'ajouter : "leur alimentation est variée et équilibrée. A part la banane, le manioc et les tarots, ils consomment un peu de tout : la viande blanche (la volaille), la viande rouge (le bœuf), du poisson frais et fumée ... Ce sont des mauvaises langues qui avancent n'importe quoi pour vouloir ternir l'image de marque de notre hôpital ", a-t-elle conclu.
Les propos des malades fondés ...
Au sortir du bureau du directeur de Jeanne Ebori (9è étage), et à sa demande, nous nous sommes rendus au service diététique (Cuisine) sis au 1 er étage de l'immeuble annexe pour la suite de notre reportage. Malgré les instructions du gestionnaire, Mme Mbaye qui a appelé d'avance la responsable de la cuisine Mme Sima, pour nous recevoir, grande a été notre surprise car sur les lieux, l'intraitable Dame a scellé la grille de l'entrée principale.
Nous sommes passés par la porte du restaurant à coté de cette cuisine. Ce pour poursuivre notre enquête. Et après avoir demandé à un agent de Gabon Propre service de nous annoncer, ce dernier, qui l'a trouvé en réunion (de crise !), a refusé. Il nous a plutôt conseillé d'appeler Mme Ella, assise en face de nous dans la cuisine. Visiblement gênée comme ayant reçu des consignes de la part de dame Sima, dans le but de ne pas nous accueillir, par politesse, celle-ci s'est approchée de nous. Pour nous dire que leur responsable n'avait de temps de nous recevoir...
Pourtant son chef hiérarchique (la Gestionnaire le lui avait exigé par téléphone !). Son refus prouve à suffisance le fondement des propos des malades et la fille de salle qui avait accepté de nous entretenir. Le président du syndicat de la CNSS et ses collaborateurs de Jeanne Ebori gagneraient en dénonçant avec la plus grande énergie, le comportement "inhumain" de leurs indélicats et sadiques collègues du service diététique qui méprisent les malades.