Ce don du Fonds mondial de lutte contre le sida, assorti de conditionnalités, approuvé après soumission au ministère de la Santé publique, permettra d'intensifier la lutte en vue de réduire le taux de séroprévalence.
LE Gabon bénéficiera pour la première fois, à partir du deuxième trimestre de l'an 2004, d'un don de 1 milliard 846 millions de francs cfa, octroyé par le Fonds mondial, pour lutter efficacement contre le VIH/sida. Cette somme ne sera remise effectivement à notre pays, qu'après éclaircissements de certains points d'ombre relevés par les experts dudit Fond, lors des soumissions faites dernièrement par la partie gabonaise.
Ainsi, le Gabon devrait à nouveau répondre à seize questions techniques avant de prétendre acquérir définitivement, au cours de la période d'avril-mai 2004, cette aide financière émanant du Fonds mondial de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida des Nations unies. Sur les trois composantes soumissionnées par le Gabon, à savoir le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida, seule la composante VIH/sida a été retenue par le Fond mondial pour une durée de deux ans.
L'annonce officielle de l'octroi futur de ce don financier à notre pays a été faite mardi dernier par le ministre de la Santé publique, Faustin Boukoubi, au cours d'une séance de travail réunissant les membres du Comité de coordination mutisectoriel (CCM) de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida et d'autres partenaires.
Les fonds obtenus par le Gabon devraient permettre de ramener le taux de séroprévalence à 6 %. Celui-ci est aujourd'hui à 7,2 % dans notre pays. Un chiffre très élevé far rapport à sa faible population. De ce fait, l'accent sera mis sur les populations dites vulnérables, a cause de la précarité des moyens de vie. En fait une grande partie de la population, gabonaise, engluée de plus en plus dans la spirale de la pauvreté.
CONSEIL D'ADMINISTRATION • Ce financement sera géré directement par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), selon les recommandations du donateur, en dépit de l'existence d'un Conseil d'administration chargé de la mise en oeuvre du plan du Gabon, approuvé par le Fonds mondial. Cinq étapes restant à franchir avant la réception de ces fonds par le Pnud, le ministre Faustin Boukoubi a recommandé aux membres du CCM, d'user de leur savoir-faire, afin que notre pays rentre effectivement en possession de ces fonds durant cette période.
En outre, pour une gestion saine de ces deniers; un cabinet d'audit sera commis par le Pnud et le Fonds mondial. Un mécanisme très strict, a rassuré Faustin Boukoubi, pour que l'argent remis au Gabon soit géré dans la plus grande
transparence. Je souhaite que cet argent serve uniquement à la lutte contre le VIH/sida, et que seules les actions arrêtées soient financées sous le suivi vigilant des membres du CCM et non du ministère ", a ajouté le ministre de la Santé. Ajoutant que le Gabon devrait s'efforcer de bien gérer ces fonds pendant deux ans, en fonction des recommandations de l'organisme onusien.
Les actions de lutte, notamment lasensibilisation, se feront aussi à l'intérieur du pays où les taux de séroprévalence ne cessent de croître. A ce sujet, le ministre de la Santé a donné des gages d'un meilleur suivi curatif des personnes déjà atteintes de la maladie, sur instructions fermes du chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba, pour la construction des Centres de traitement ambulatoire (CTA) dans toutes les provinces du pays.
La réalisation de ces infrastructures devrait s'accompagner de la formation du personnel médical et de la mise à disposition régulièrement des anti-rétroviraux. Aujourd'hui en effet, notre pays peut se targuer de pratiquer les prix les plus bas en Afrique sur les médicaments contre le sida, à raison de 3000 fcfa pour les démunis et 18.000 fcfa pour les salariés, selon Faustin Boukoubi.
Après avoir félicité tous les acteurs qui luttent contre la pandémie du Sida en têtes desquels, l'Opdas, le Pnls, les Ongs et les organismes internationaux, le ministre de la Santé a interpellé ses collègues de la Culture et de la Communication, afin qu'ils s'impliquent pleinement dans cette lutte contre la progression du Sida au Gabon.