Des entreprises de la Confédération patronale gabonaise (CPG) se sont réunies pour la première fois jeudi et vendredi à Libreville afin de mettre en place "un plan d'action" contre le VIH/sida sur le lieu de travail, a constaté une journaliste de l'AFP.
Ce plan vise à faire face à la baisse de la productivité, liée notamment à l'absentéisme, et à l'augmentation des coûts, notamment d'assurance-maladie, engendrées par le VIH/sida dans l'entreprise, selon les organisateurs.
Il prévoit notamment la création d'un comité de lutte contre le VIH, un état des lieux de l'entreprise et un programme de prévention et de prise en charge.
"Si un de mes agents a un problème dans sa maison, ça vient directement dans mon entreprise, et un accident du travail coûte plus cher qu'une assistance morale", a expliqué à l'AFP un des participants, le responsable des ressources humaines de la Manufacture gabonaise de vêtements, Alain Mussavu Abdel, qui emploie 99% d'ouvrières.
Cette "approche multisectorielle", qui ne confine plus la lutte contre le sida au milieu médical, selon Maria Ana Domingues du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a déjà fait ses preuves en Afrique de l'Ouest et de l'Est: "la compagnie ivoirienne d'électricité, par exemple, a réduit ses frais d'hospitalisation de 100 millions de francs CFA"euros).
La CPG, organisatrice de ce séminaire avec la collaboration du Programme national de lutte contre le sida (PNLS), du Bureau international du travail (BIT) et de Onusida, a donc invité vendredi la soixantaine d'entreprises présentes - sur les 240 appartenant à la CPG - à signer une charte d'intention pour mettre en oeuvre ce plan d'action.
Ce plan est une première dans ce pays pétrolier d'Afrique centrale de plus d'un million d'habitants où 7,7% de la population est porteuse du VIH/sida dans la capitale, Libreville, et plus de 9% à Port-Gentil, la capitale économique et ville la plus touchée du pays, selon le PNLS.
Le sida a des conséquences socio-économiques graves en Afrique car, en touchant majoritairement les classes d'âges actives, il réduit la productivité et modifie la pyramide des âges, selon des experts.
Dans certains pays africains, l'agriculture manque de bras, l'éducation d'enseignants, les hôpitaux de médecins ou d'infirmiers.