Ils s'insurgent contre la façon dont les contrôles sont effectués actuellement à Libreville. Conséquence : de nombreux usagers ont peiné pour se déplacer dans la ville.
LES Librevillois éprouvent, depuis hier, d'énormes difficultés à se déplacer. Et pour cause, les taximen observent un arrêt de travail de trois jours à l'appel de leur organisation corporatiste : le Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg).
Conséquence : dans les quartiers périphériques et aux principaux points d'embarquement et de débarquement, notamment à l'ancienne gare routière, carrefour STFO, Rio et PK 5, Nzeng-Ayong, Awendjé, ... il était quasiment impossible hier pour les nombreux usagers de trouver un moyen de déplacement pour se rendre au travail ou a l'école. A défaut d'emprunter un clando ou un véhicule particulier dont les propriétaires se sont frotté les mains, beaucoup ont dû faire contre mauvaise fortune bon coeur, en optant pour la marche à pied. Sous un soleil de plomb comme Libreville en connaît ces dernières semaines.
C'est au cours d'une réunion tenue mardi dernier à l'ancienne gare routière que le responsable de Syltteg, Jean-Robert Menié, et ses collègues ont décidé, à l'unanimité, d'observer une Brève de 72 heures, c'est-a-dire jusqu'à vendredi prochain. Un mouvement Sue M. Menié a qualifié de "pause de protestation" pour s'élever «contre la dérive que prennent les contrôles à l'heure actuelle à Libreville et ses environs.»
Pour le leader syndical, les contrôles -deviennent abusifs dans l'espace et dans le temps. Dans l'espace, du fait des intervalles réduits entre différents postes. En effet, il est aujourd'hui difficile à Libreville, de circuler sans rencontrer les agents des forces de sécurité opérant des contrôles. Sur l'axe Melen-ancienne gare routière par exemple, on ne compte pas moins de dix points focaux des policiers et gendarmes.
Et dans le temps «parce qu'ils se font tous les jours et à toute heure», dénonce le Syltteg. Qui s'insurge également contre "la désorganisation" des contrôles, qui se font actuellement outre par les forces de sécurité, aussi par les forces de défense. «Policiers et gendarmes en sont venus dernièrement aux mains parce que justement l'opération est désorganisée», note le responsable syndical.
AMENDE. Il faut dire que si les opérations des forces de l'ordre se limitaient à la vérification des pièces afférentes aux véhicules et d'identité, les taximen n'auraient pas trouvé à redire. Mais, le racket ayant pris le dessus sur le contrôle des pièces, «il était temps de dénoncer la pratique des contrôles à but lucratif, donc frauduleux (...) Que vous ayez tous vos papiers ou non, vous devez laisser 1000 francs; puisque l'agent contrôleur vous déclare ouvertement qu'on ne mange pas les papiers. »
Pis, ajoute M. Menié, en cas de dossier incomplet, une amende allant jusqu'à 24 000 francs cfa est infligée au conducteur. Mais une fois celle-ci acquittée, aucun reçu attestant le paiement de ladite amende n'est remis. En violation flagrante de la loi et des règlements.
Par ailleurs, le Syltteg entendait aussi dénoncer l'immobilisation «arbitraire et totalitaire» des véhicules, 3 jours durant, par les forces de sécurité, notamment les agents des Forces de police d'intervention (FOPI). «On se demande donc si on fait le contrôle ou l'opération s'est-elle transformée en péage», note M. Menié.
Le leader syndical qui condamne la tournure que prend l'opération de contrôle rappelle qu'au lendemain des braquages meurtriers perpétrés par des bandits dans les domiciles, le chef de l'Etat avait parlé d'une opération de sécurité et non des contrôles, qui ne se focalisent que sur les taximen et, dans une moindre mesure, sur les transporteurs péri-urbains (clandos).
Ce problème qui agace aussi bien les transporteurs que l'ensemble des usagers a déjà été soumis à l'appréciation des responsables du ministère des Transports au cours d'une rencontre, le 4 mars dernier. Il revient donc à ce département de discuter de cette question avec les autres administrations concernées, notamment les ministères de la Sécurité publique et de la Défense, et leurs composantes (les commandements en chef de la police et de la gendarmerie), afin de trouver des solutions adéquates.