Après deux semaines de formation aux nouvelles techniques de lutte contre les violences urbaines sous la direction de deux experts français des CRS, trois unités de la police gabonaise composées de cent policiers issus de la PPL, l'USIS et la FOPI ont reçu hier leurs diplômes de fin de formation à l'ENP d'Owendo.
LA France appuie le Gabon, engagé dans la lutte contre l'insécurité à travers la formation des éléments de nos forces de sécurité. À ce titre, cent policiers de la PPL, de l'USIS et de la FOPI ont subi une formation de deux semaines sur les nouvelles techniques du maintien de l'ordre en milieu urbain, sous la direction de deux instructeurs français de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), le lieutenant Frédéric Sévérino et le sous-brigadier Hervé Roy. A l'issue de laquelle le commandant en chef en second chargé des affaires administratives et financières, le général Claude Langouba, a présidé la cérémonie de remise des diplômes à ces élèves gardiens de la paix hier à I Ecole nationale de police (ENP) d'Owendo.
Étaient également présents aux côtés du général Langouba, le préfet de police de Libreville, le général Koucka, le commandant de la FOPI, le colonel Mbabiri Lind,ombi et plusieurs autres officiers supérieurs. Côté français, on notait la présence du commissaire divisionnaire attaché à la sécurité intérieure à l'ambassade de France au Gabon, Jean-Michel Fauvergue.
La cérémonie qui n'a pas donné lieu à des allocutions, a été tout de même marquée par un exercice de démonstration à leur hiérarchie des nouvelles techniques de maintien de l'ordre, que les cent élèves officiers de police ont apprises au cours de leur formation à l'ENI' sous la supervision des deux instructeur., français pie la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), le lieutenant Frédéric Sévérino et le sous-brigadier Hervé Roy qui ont assuré la formation et qui menaient les opérations.
L'exercice était simple: Un mouvement de contestation perturbe la capitale depuis déjà une semaine. Des effectifs de police spécialisés dans la lutte contre les violences urbaines de la Préfecture de police de Libreville (PPL) sont déployés quelque part à proximité de l'emplacement d'une haute institution de la République. Et pour cause, des renseignements ont permis d'établir que les manifestants veulent investir ces lieux. Lors d'une patrouille, un perturbateur susceptible d'être armé envoie en direction des fonctionnaires de police un cocktail incendiaire et se réfugie dans la cage d'escalier d un immeuble. Les éléments de la Préfecture de police investissent les lieux et interpellent l'individu. Simultanément, plusieurs manifestants se réunissent sur la place afin de soustraire l'individu à son interpellation. Toutes les issues de la place sont alors contrôlées par les effectifs de la FOPI et de l'USIS venus en renfort. Et plusieurs interpellations sont effectuées. Ordre est ensuite donné d'évacuer la place. Tous les éléments sont regroupés et forment un barrage afin de repousser les manifestants en effectuant des charges. La place évacuée, les éléments de police en assurent la sécurité en bloquant toutes lés issues menant aux jardins.
Cela apparaît comme le synopsis d un film de série B policier, mais il n'en est rien, il s'est agi bel et bien d'une démonstration des nouvelles techniques de maintien de l'ordre qui ont forcé l'admiration des responsables de police présents. En l'occurrence, préfet de police de Libreville, pour lequel ce stage vient à point nommé. Car, étant dans une année charnière qui sera marquée notamment par l'élection présidentielle dont on sait par expérience que l'issue est souvent émaillée d'incidents, ces policiers formés vont constituer le fer de lance du maintien de l'ordre encas de trouble. Pour ce qui est du nombre (100 agents seulement formes), le général Koucka estime que le nombre importe peu. «~e n'est pas le nombre qui compte mais beaucoup plus la qualité de la formation et des agents formés.»
Certes, mais que vaut une formation sans matériel suffisant et conséquent afin de répondre véritablement aux sollicitations, nombreuses au demeurant, dont est l'objet la police au quotidien, le préfet de police espère que les autorités politiques et policières vont prendre cet aspect en compte. Il ne doute pas un seul instant de leur détermination à mettre les moyens conséquents. La présence du général C. Langouba qui tient les cordons de la bourse de la police est pour lui un témoignage de cette volonté d'aller de l'avant.
Juste pour la parade, une dizaine d'impétrants ont reçu leurs diplômes. Parmi eux, 25 ont été sélectionnés pour faire partie de l'unité spéciale de lutte contre la grande criminalité.
Comme on peut aisément le constater, l'appui promis par le ministre français de l'Intérieur, Dominique de Villepin, lors de sa visite à Libreville de venir en aide aux autorités gabonaises engagées depuis peu dans une lutte multiforme contre l'insécurité prend de plus en plus forme. La formation de ces cent policiers témoigne à la fois de la volonté de Paris de passer de la parole à l'acte et de l'excellence des relations séculaires entre la France et le Gabon.