Après avoir constaté des insuffisances de tous ordres à tous les niveaux du processus, les juges constitutionnels ont procédé à des correctifs et débouché sur la prise en compte de trois cent mille compatriotes oubliés. Le chiffre de la population gabonaise avoisinant 1 500 000 personnes.
LA Cour constitutionnel le gabonaise a conduit la mission de vérification des résultats de l'opération de recensement général de la population et de l'habitat engagée en décembre 2003 par le gouvernement, via le ministre de la Planification et de la programmation du développement à son terme.
Dernièrement au cours d'une rencontre avec les responsables et techniciens de ce département ministériel, le président de la haute juridiction, Marie-Madeleine Mborantsuo, a livré à ses hôtes les conclusions du processus de contrôle que son institution a effectué durant l'année dernière, conformément aux dispositions de la Loi fondamentale. Une occasion pour Mme Mborantsuo d'échanger également avec la délégation conduite par le ministre délégué représentant le ministre d'Etat Oyé Mba, sur les résultats auxquels les juges constitutionnels ont abouti a la suite d'un long et sérieux travail de vérification des données recueillies par les agents recenseurs qui ont sillonné plusieurs localités du pays.
La démarche de contrôle opérée par la haute juridiction qui a dépêché ses techniciens sur le terrain pendant deux mois, a débouché sur l'observation d'un certain nombre d'insuffisances ayant entaché les opérations de recensement. Celles-ci avaient déjà été relevées par Mme Marie-Madeleine Mborantsuo, le 25 janvier 2005, lors de son discours de rentrée solennelle de la Cour constitutionnelle en présence des plus hautes autorités politiques et gouvernementales du pays.
MANQUEMENTS. Ce jour-là, le président de la haute juridiction, institution dont l'apport dans l'oeuvre de construction de l'Etat de droit a été fortement démontré et apprécié par l'ensemble de la communauté nationale (personnalités, acteurs politiques, citoyens), avait effectivement souligné des manquements d'importance majeure observés lors de la phase de recueil des données sur le terrain et même avant celle-ci. Ce qui avait déjà laissé entrevoir la possibilité et le risque d'erreurs imputables à diverses contingences. Sur l'organisation même des opérations, la Cour avait déploré l'insuffisance de la sensibilisation et de l'information des populations en vue de leur recensement. Un déficit d'information qui, selon Mme Mborantsuo, avait donné lieu à des confusions regrettables entre les notions de recensement administratif, d'inscription sur les listes électorales, de contrôle de la régularité du séjour des étrangers en territoire gabonais et de recensement général de la population proprement dit. La Cour constitutionnelle avait observé également que les agents recenseurs n'avaient pas toujours pris en comte le découpage administratif existant, en violation des dispositions de la loi en la matière. Laquelle loi, a déploré le président de l'institution gardienne de la «mère des lois», n'a pas prévu la participation des autorités administratives locales dans les opérations de recensement général de la population et de .'habitat. Estimant, à juste titre d'ailleurs, que leur implication aurait pu faciliter la conduite desdites opérations sur le terrain.
Qu'à cela ne tienne, lés insuffisances ont été de tous ordres. Elles ont été également enregistrées a tous les niveaux, tout au long du processus du recensement général de la population et de l habitat. Elles ont eu nécessairement des incidences déterminantes sur la qualité du travail fourni et les résultats auxquels les agents recenseurs sont parvenus. Les résultats transmis à la Cour ont amené la haute juridiction à procéder à des vérifications et de correctifs présentés au cours du tour de table ayant regroupant les membres de la Cour et les responsables et techniciens du ministère de la Planification.
CORRECTIFS. La haute juridiction, constatant que des villages et regroupements de villages et autres entités habités n ont guère été visités par les agents recenseurs, a porté des correctifs d'importance majeure. L'intervention de la Cour dans ce processus a été déterminante d'autant qu'elle a permis la prise en compte de près de trois cent mille personnes qui ont été oubliées. Ce qui constitue un élément de talle qui change non seulement le résultat final, mais apporte un indéniable crédit à l'opération initiée par le gouvernement, après celle de 1993 qui avait donné des résultats jusque-là en vigueur.
Il faut dire qu'en conduisant la phase de vérification et de contrôle des résultats du recensement de la population gabonaise à son terme et avec doigté et responsabilité, la Cour constitutionnelle, à travers la décision de rectification, a porté le résultat de cette opération démographique à un chiffre avoisinant un million cinq cent mille personnes. Un chiffre que le président de cette institution, Mme Marie-Madeleine Mborantsuo a naturellement communiqué au gouvernement, par l'entremise du ministère de la Planification, avant sa publication officielle très prochainement par les plus mutes autorités politiques du pays.