Le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, en sa qualité de chef suprême des armées, a présidé cette importante réunion, hier au palais du borde mer. Devant la montée de l'insécurité, il a enjoint le gouvernement et les plus 'hauts responsables des forces de défense et de sécurité d'agir.
DEVANT la montée préoccupante de l'insécurité dans la capitale, en particulier, le chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba, en sa qualité de chef suprême des armées, a convoqué une réunion d'urgence du Conseil national de sécurité, hier vendredi 18 février, au palais de la présidence de la République. La veille; de retour de N'DJamena, où il venait de prendre part avec quelques-uns de ses pairs du continent au Sommet des chefs d'Etat consacré à la crise au Darfour, il avait annoncé la tenue de cette réunion cruciale.
Aussi a-t-il affiché sa détermination de voir le gouvernement à en faire en permanence un dossier prioritaire de son action, conscient que la police est une mission régalienne de l'Etat. Et que l'inaction serait intolérable.
Naturellement, il l'a rappelé avec force aux hauts dirigeants du pays présents, notamment au vice-président de la République, Didjob Divungi Di Ndinge, et les vice-Premiers ministres Emmanuel Ondo Méthogo (Aménagement du territoire ) Antoine De Padoue Mbdumbou Miyakou (ministre de la Ville) et Paul Mba Abessole ( Transports, Aviation civile et Droits de l'Homme ), ainsi qu'aux principaux ministres concernés au quotidien par les questions liées à la sécurité des personnes et des biens, Ali Bongo Ondimba ( Défense nationale ), Pascal-Désiré Missongo (Sécurité publique et Décentralisation), Christian-Clotaire Ivala ( Intérieur et Décentralisation). Ce message, le président l'a surtout destiné aux principaux responsables et commandants en chef des forces de sécurité et de défense conviés à cette rencontre.
La recrudescence de l'insécurité qu'on observe au regard du nombre de plus en plus élevé de crimes commis de jour comme de nuit par des bandes armées qui tuent froidement jusqu'aux éléments des forces de défense et de sécurité, la tentation est grande dans l'opinion de penser que la politique du gouvernement est laxiste. En convoquant ce Conseil national de sécurité, le chef de l'Etat montre qu'il reprend les choses en main, en remobilisant les responsables des forces de défense et de sécurité. Lorsque en 2003 l'insécurité avait, également, atteint un pic, une double réunion dudit Conseil s'était tenue à son initiative à la présidence de la République.
A l'époque, le président de la République avait personnellement débloqué la somme de 600 millions de francs au profit des forces de sécurité et de défense pour l'achat d'équipements de combats. Des opérations coup de poing, dénommées Nguéné, avaient été déployées nuit et jour pour traquer les gangsters et autres délinquants. Il y a eu des résultats et une accalmie s'est installée jusqu'à tout récemment.
Il n'empêche que la situation actuelle n'est pas sans rappeler le contexte qui avait poussé le président de la République à descendre dans l'arène pour exercer une pression payante sur les commandants en chef de la gendarmerie nationale et de la police, les généraux Honoré Oléry et Victor Mbongo Djog'Otha.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on en vient à regretter que l'Unité spéciale qui devait être créée à partir d'éléments d'élite de ces deux corps grâce à la bagatelle d'un milliard de francs débloqué à l'époque par le président de la République n'ait pas vu le jour. Ce, alors que les responsables en charge de cette Unité avaient même été nommés. On en vient également à déplorer que cette volonté présidentielle n'ait pas été traduite dans les faits.
SIGNAL• Ce qui compte désormais c'est l'avenir, on croit donc savoir que cette réunion du Conseil national de sécurité est un signal que la sécurité redevient une priorité. En principe, le gouvernement s'est engagé à redonner le moral aux forces de sécurité en les remotivant. La présence, à cette réunion du ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul Toungui, donne à penser que des moyens idoines vont être octroyés aux commandants en chef des forces de défense et de sécurité afin qu'ils se remettent sur le pied de guerre pour traquer les malfaiteurs jusque dans leurs derniers retranchements.
En fait ce n'est pas tant parce qu'il y a un déficit de volonté politique que resurgit l'insécurité en cette année 1005. L'insécurité est plus profonde, et les problèmes que ce phénomène urbain pose avec acuité ne sont pas, sans rapport avec l'urbanisme l'habitat, la politique de la ville. Car, avec le temps se sont constitués des ghettos de précarité et de marginalisation. A côté de la police de proximité qui est un enjeu, c'est là, au fond, que le gouvernement doit agir dans la durée.