Le chef de l'Etat qui répondait aux questions de la presse a, outre le résumé des travaux de N'Djaména sur le Darfour, abordé la question récurrente de l'insécurité qui sévit actuellement à Libreville. Sur ce, un conseil de cabinet élargi aux responsables des forces de sécurité est prévu dans la journée au palais présidentiel.
ACCUEILLI à sa descente d'avion par le vice-président de la République, Dijob Divungui Di Ndinge, le vice-premier ministre, Emmanuel Ondo et les membres du gouvernement présents dans la capitale, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, est rentré hier à Libreville en provenance de N'Djaména (Tchad) où il a pris part à la réunion des chefs d'Etats consacrée à la crise du Darfour.
Celle-ci faisait suite a déclaré le président de la République qui répondait aux questions dés journalistes à la demande du président Idriss Déby, lors du sommet du Conseil de sécurité de l'UA tenu à Libreville en janvier dernier, de voir se tenir dans son pays une réunion des chefs d'Etat sur cette crise qui constitue indubitablement une préoccupation pour les dirigeants du continent.
Dans la capitale tchadienne, les chefs d'Etat ont examiné de fond en comble la situation au Darfour, cette région de l'ouest du Soudan en proie depuis deux ans déjà à une guerre particulièrement sanglante. Laquelle a déjà coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes et occasionné de nombreux déplacés. Il a donc été question au cours de cette réunion, a dit le chef de l'Etat, d'examiner la possibilité du renforcement des positions des soldats de l'UA présents au Darfour, ainsi que I institution panafricaine l'avait décidé lors du sommet de Libreville.
Mais, ce renforcement de position pour être efficace doit être accompagné, précise le numéro un gabonais, par l'encagement des forces armées soudanaises. Ceci pour leur permettre de participer au maintien de la paix et surtout faciliter le travail des forces de l'UA. D'autant que sur. place au Darfour, la situation est complexe. Les différentes communautés religieuses : chrétienne, musulmane et autres revendiquant chacune la paternité du territoire.
Omar Bongo Ondimba a révélé à la presse que le Conseil de sécurité de l'Onu, ME et les Etats-Unis envisagent de leur côté la mise en place d'un tribunal. international pour juger lés crimes de guerre perpétrés par les seigneurs de la guerre qui écument la région, mais également ceux qui auront posé des actes contraires aux droits humains.
INSÉCURITÉ• Au plan national, l'insécurité est à l'ordre du jour. En effet les hors-la-loi sévissent quotidiennement dans la capitale et ont décidé de faire la peau à la fois aux populations et aux forces de sécurité, dont deux membres viennent d'être froidement abattus par des gangsters arborant des passe-montagnes, en l'espace d'une semaine seulement. Ces malfrats qui opèrent sans être aucunement inquiétés terrorisent impunément des citoyens sans défense.
Remettant en cause le contrat social qui fonde les relations entre les gouvernants et les gouvernés, en ceci que le citoyen qui vit dans la société, aliène sa liberté au profit de l'Etat qui est censé assurer sa sécurité. Malheureusement, il se développe à Libreville notamment une criminalité pour le moins angoissante. Et force est de constater que la sécurité des citoyens n'est pas bien assurée, au regard des exactions en tout genre dont ils sont victimes au quartier, dans la rue et même à leur domicile.
C'est d'ailleurs pourquoi, dans les différents quartiers de la capitale, les populations qui se sentent menacées assurent elles-mêmes leur propre défense et organisent leur propre justice. Ce qui débouche le plus souvent sur des dérapages. Interrogé sur cette situation à la fois lancinante et récurrente, Omar Bongo Ondimba s'est montré particulièrement offensif envers les voyous auxquels il a promis l'enfer. «Il n'y aura pas de couvre-feu, mais ça va chauffer dans les tout prochains jours: Car, trop c'est trop», a déclaré le chef de l'Etat qui promet de ne pas laisser dormir les bandits paisiblement. Même s'il ne comprend pas que, malgré les moyens mis à la disposition des forces de sécurité aucune solution efficace n'ait été trouvée à ce jour.
Le chef de l'Etat qui ne veut laisser aucun répit aux malfaiteurs va réunir dans la journée un conseil de cabinet élargi aux responsables des forces de sécurité. En attendant les décisions qui seront prises au cours de ce conclave, le président de la République a assuré que toutes les forces de sécurité seront mises à contribution pour traquer les bandits jusque dans leurs derniers retranchements.