Le sujet a été longuement débattu par un spécialiste en la matière, Le Dr Magloire-Désiré Mounganga, au cours d'une récente conférence-débat animée au centre culturel français Saint Exupéry.
QU'EST CE QU'UN raz de marée ? Par quoi est-il provoqué ? Quelle est l'occurrence de ces événements dans le monde ? Pourquoi le tsunami s'est-il produit en Asie du sud le 26 décembre 2004 ? Le Gabon peut-il vivre ce phénomène? Telles sont les questions auxquelles le Dr Magloire Désiré Mounganga, chercheur au Centre national de recherches scientifiques et technologiques (Cenarest) et responsable du Centre national des données et de l'information océanographiques (CNDIO), a tenté de répondre au cours d'une conference-débat animée récemment au centre culturel français Saint Exupéry sur le thème "Raz de marée y a-t-il des risques de vivre un tel évènement au Gabon ?".
Géomorphologue et docteur en sciences de la mer et du littoral, M. Mounganga a introduit le sujet en expliquant le raz de marée (ou tsunami onde océanographique superficielle, engendrée par un séisme, une éruption sous-marine, un glissement de terrain) comme « une vague gigantesque, supérieure à la vague normale, créée par des phénomènes naturels exceptionnels ».
Formée, en général, au large, la vitesse de la vague diminue au fur et à mesure qu'elle se rapproche de la côte, alors que l'amplitude augmente jusqu'à 10, 20 parfois 30 mètres de haut.
Lorsque l'avant de la vague se trouve freiné en raison de la diminution de la profondeur, l'arrière le rattrape.
PLUS DE 300 000 MORTS. Il se forme alors un véritable mur d'eau qui s'abat sur le rivage avec une incroyable puissance.
Cette déferlante peut se propager au-delà de 10 km sur terre, surtout dans les zones alluviales, généralement basses.
Le Dr Magloire-Désiré Mounganga a ensuite expliqué le bien-fondé de son exposé : « le Gabon étant un pays qui compte un linéaire côtier de plus de 800 km, avec une forte concentration humaine sur Libreville et Port-Gentil (plus de la moitié de la population totale du pays), il nous semble important d'expliquer aux non spécialistes les risques pour le pays de vivre un tel événements à l'heure où les bouleversements et les catastrophes naturels se produisent de plus en plus ».
Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, la vision de l'océan est complètement modifiée. Elle apparaît véritablement meurtrière à cause des récents événements en Asie du sud.
En effet, le tsunami qui s'est produit le 26 décembre dans cette partie du monde a fait un peu plus de 300 000 morts.
Cette vague géante a été provoquée par un séisme (tremblement de terre) de magnitude 9 sur l'échelle de Richter (qui en compte 10 graduations).
PREVOIR• Pour le Dr Mounganga, c'est une preuve de plus pour montrer que la terre se déplace, et dans son mouvement continu, elle façonne ou remodèle les paysages partout dans le monde.
Selon le conférencier, le Gabon ne peut pas, a priori, vivre un tel événement (un tsunami, Ndlr) en raison de la disposition des plaques continentales. Mais, s'est-il empressé de préciser, « seulement, aucun littoral n'est à l'abri ! »
Est-il alors possible de tout prévoir même là où il ne se passe, en général, rien ? Pour le Dr Mounganga le monde doit s'habituer à ce que des catastrophes naturelles fassent de plus en plus de victimes parce que les zones à risques seront de plus en plus peuplées.
Presque tous les ans, a-t-il expliqué, il se produit des séismes à travers le monde, à des degrés divers: : magnitude de 1 à 7 sur l'échelle de Richter, à peu près par an; magnitude de 8 à 9 sur l'échelle de Richter, à peu près deux à trois par siècle.