Les élus locaux ont décidé de passer à l'offensive pour faire disparaître ces consoles électriques généralement placées dans des bistrots ou des boutiques de ressortissants ouest-africains dont sont friands des jeunes gens qui y passent le plus clair de leur temps, même pendant les heures de cours.
LES plaintes affluent chez les maires d'arrondissement et au bureau du conseil municipal. Les parents ne savent plus où donner de la tête. Dans les établissements scolaires, on fait comme si de rien n'était. Ainsi, un parent d'élève déclare-t-il que pendant près d'un trimestre, son enfant a fait l'école buissonnière et n'a pas été alerté par le collège fréquenté par son rejeton. Les boutiquiers, épiciers et autres tenanciers de bars, bistrots et salons de coiffure se frottent les mains.
Il faut dire que les consoles de jeux vidéos attirent irrésistiblement les jeunes. A telle enseigne que les salles de classe sont désertées par certains élèves, les mères de famille sont délestées de leurs économies et l'argent de poche des collégiens et lycéens sert moins à accepter le casse-croûte de la récréation, détourné qu'il est à des fins ludiques, les consoles de jeux, véritables machines à sous, étant les principales bénéficiaires.
Il y a quelques années, les maîtres d'école et les professeurs des lycées et collèges ont eu fort à faire face à la vague des mini "nintendo" et autres "gaine boy" qui tenaient dans le creux de la main et que les élèves manipulaient aux heures de cours, au fond de la classe ou sous la table.
Aujourd'hui, c'est une autre vague qui est en train de déferler sur la jeunesse portgentïllaise, pour ne pas di gabonaise. Dans la cite pétrolière, on pense que c'en est trop.
Les élus, interpellés de mille et une manières par les parents, ont décidé de prendre le taureau par les cornes et sont passés à l'offensive. Ce d'autant plus aisément que le promoteur de ce nouveau fléau social ne respectait pas la réglementation en vigueur sur les jeux.
Au lieu d'ouvrir, comme la loi le prévoit, une salle de jeux et y exposer sa panoplie de consoles tout en interdisant l'accès aux tout-petits (les moins de treize ans), il les a disséminés à travers la ville dans tous les commerces susceptibles de les accueillir. Et, bien entendu, à la portée de n'importe quel bambin. Sans compter que les jeux vidéos proposés tournent essentiellement autour de la violence. Les combats et autres tueries étant l'apanage de ces machines.
Dans un premier temps, les maires d'arrondissement ont fait le tour de leurs circonscriptions administratives pour exiger le retrait pur et simple des machines incriminées, menaçant les commerçants qui les acceptaient d'amendes.
Jeannette Ndo, maire du quatrième arrondissement, a convoqué le promoteur de ces jeux pour s'apercevoir que cet opérateur est détenteur d'un agrément qui l'autorise à ouvrir une salle de jeu (ce qu'il n'a pas fait) dans un seul arrondissement, le troisième (ce qu'il n'a pas respecté).
NUISANCES SONORES. Au troisième arrondissement, précisément, le maire Apérano a donné un délai de quarante-huit heures à tous les établissements détenteurs de ces consoles pour les faire disparaître de la vue. Ce temps écoulé, il a fait une descente sur les lieux, en compagnie des forces de l'ordre, pour procéder à des saisies.
Même opération dans le deuxième arrondissement où le maire chargé des questions techniques, Jean-Claue Moussavou, a requis le concours de la police des jeux (eh oui! ça existe) pour confisquer tous les appareils en cause.
Le week-end dernier, une certaine accalmie a été observée, les appareils les plus visibles ayant disparu. mais pour combien de temps ? Il se raconte déjà qu'à l'intérieur des quartiers, de simples citoyens moyennant finance, seraient près à recevoir ces consoles dans leur parcelle. Les fléaux ont décidément la vie dure! Et l'appât du gain fort tentant.
Au-delà de ce problème que les élus locaux de la capitale économique essaient de circonscrire, le bureau du conseil est interpellé sur deux autres phénomènes qui inquiètent les concitoyens.
Le premier concerne les nuisances sonores nocturnes caractérisées par les décibels délivrés par les sonos vrombissantes des troquets et autres bistrots qui ne respectent pas toujours, les consignes, rappelées encore récemment par le ministère de l'Intérieur, sur les horaires légaux d'ouverture de ces établissements et, encore moins, la quiétude des citoyens.
Tout comme les églises qui tiennent leurs cultes dans des chapelles de fortune qui poussent comme des champignons dans les quartiers et dont les fidèles passent une bonne partie de la nuit à déranger le bon Dieu et ses créatures des environs par des vociférations dignes de damnés en enfer. Les nombreuses opérations nocturnes menées par les maires et les forces de l'ordre n'ont eu d'effet que pour un temps. Après quelques jours d'accalmie, le tintamarre a repris de plus belle.
Le second phénomène a trait à la profusion, dans les librairies et les papeteries, de revues pornographiques et d'homosexuels exposées à hauteur des regards des mineurs.
Si toutes ces questions relèvent du savoir-vivre, du civisme ou, plus généralement, de l'éducation de base à donner aux enfants, l'expression des libertés fondamentales reconnues à tout citoyen ne dispense pas que soient prises des mesures pour protéger les couches les plus vulnérables de notre société, particulièrement les tout-petits. élus ont donc du pain sur la planche. Et ils peuvent être assurés qu'ils auront avec eux toutes les femmes et tous les hommes de bon sens.