La police judiciaire a entrepris depuis peu une bataille contre la présence de jeunes vendant principalement à la sauvette. Objectif de l'opération : les recueillir et les faire rapatrier.
Agissant conformément aux dispositions légales sur le commerce illicite des mineurs, l'état major de la police d'investigation judiciaire (p.j.) a initié depuis quelque temps une opération, qui a pour objectif d'interpeller tous les enfants âgés de 6 à 16 ans, principalement ceux qui sont employés au noir dans le commerce illicite ou non. Tout comme les mineurs servant de guides aux mendiants mal-voyants.
C'est ainsi que le service des meurs et de la protection des mineurs de la police judiciaire procède à l'établissement de la fiche signalétique des enfants arrêtés. Parallèlement à cela, ce service relève l'identité des adultes impliqués dans cette affaire. Pour le commandant-major Koumba Ibinda Clémentine; chef du service des moeurs, les cas ne sont pas très difficiles à gérer. «L'interrogatoire de ces jeunes gens nous permet, sans trop de problème, de déterminer les personnes qui sont véritablement les victimes de ce trafic», a-t-elle déclaré. Par ce terme honteux, il faut comprendre l'utilisation à des fins mercantilistes par des adultes, d'enfants en âge d'être scolarisés. Notamment quand ces mineurs ne jouissent en aucune manière des fruits de leur labeur. Est donc considéré comme trafiquant tout individu, même un proche parent, tirant profit de cette activité, selon la législation gabonaise.
Trois critères peuvent définir ce commerce : le déplacement du pays d'origine (Bénin, Togo, etc.) vers celui d'accueil, la transaction entre le passeur et le réceptionnaire (point ou interviennent de nombreux intermédiaires), l'exploitation du mineur qui se fait dans le pays d'arrivée.
Cette opération, entamée sans tambour ni trompette, a pris tout le monde de court. Ce qui n'empêche pas le service es moeurs de la P.J. de ficher "parents" et enfants. Pour les besoins de la procédure. Malheureusement, a avoué le commandant-major Koumba Clémentine, le travail de recherche de la police judiciaire est légèrement entravé par le comportement des mineurs interrogés. Ces derniers, sans doute par crainte des représailles de leur tuteur, répètent tout ce qui leur a été enseigné. Ils tentent toujours de faire passer ces adultes, pour ce qu'ils ne sont généralement as, leur père ou leur mère. Ces mensonges cependant ne changent rien au fond du problème. Car une fois le bon grain séparé de l'ivraie, la machine de la répression est mise en branle. «Par conséquent, tout adulte qui sera reconnu coupable de ces faits, verra son dossier immédiatement transmis au Tribunal de Libreville», a précisé le chef du service des moeurs. Durant tout le temps que durera la procédure, les enfants, reconnus victimes du trafic en question, seront placés dans le Centre d'accueil d'Oloumi. Les adultes qui seront quant à eux reconnus coupables, se verront intimer l'ordre de rapatrier leur victime. A leurs frais.
De durée indéterminée, cette opération sera périodiquement reconduite. Attitude, souhaitons-le, qui aura au moins le mite de décourager ceux qui n'ont pas encore compris que ce type d'esclavage des temps modernes West plus de mise.