Il s'agit, pour le gouvernement, de donner l'image d'une ville digne de son statut.
CARREFOUR politique et diplomatique de tout premier ordre, il est malheureusement symptomatique de constater que Libreville ne justifie pas ce statut. Au contraire, notre capitale s'enlise dans l'insalubrité. Même les abords des principales artères, qui auraient dû être entretenus en permanence, sont envahis par de hautes herbes. Trop timides, les actions initiées, aussi bien hier qu'aujourd'hui ne parviennent pas à venir à bout de son état déplorable.
Blessé dans sa fierté de Gabonais, le président de la République, Omar Bongo Ondimba, supporte de moins en moins cette situation. C'est ainsi qu'il a dernièrement donné des instructions fermes pour conférer à Libreville un visage autrement plus digne.
C'est ce qui a justifié le tour de ville effectué hier par le Premier ministre. Accompagné des vice-Premiers ministres en charge respectivement de l'Aménagement du territoire et de la Ville, des ministres des Travaux publics et de la Lutte contre la pauvreté, ainsi que de nombreux techniciens des départements concernés et quelques collaborateurs du maire, Jean-François Ntoutoume Emane a commencé par identifier les «poches» qui enlaidissent notre capitale. Et initié, sans tarder, une vaste opération de nettoyage par de nombreux compatriotes recrutés tous azimuts. On les a d'ailleurs vus en action, avec des débroussailleuses, des machettes, des râteaux, etc, en train de s'attaquer dans un premier temps à ce que le Premier ministre a appelé les «parcours officiels»
Du rond-point de la Démocratie jusque devant la présidence de la République, en passant par la cité même de la Démocratie, la Sablière, le chef du gouvernement et son équipe ont défini partout et dans le moindre détail ce qu'il y avait précisément à faire. Avec la grande opération qui consiste aboucher les trous qui agressaient la Voie Express, on peut dire qu'il était temps !
Pourvu que ça dure, peut-on ajouter. Au risque d'amener les Gabonais à assimiler cette louable initiative du chef de l'Etat à de la poudre aux yeux des touristes et autres visiteurs. Surtout que dans quelques jours, Libreville va abriter un important sommet international.
Pour ce faire, un accent particulier doit être mis sur l'aspect pédagogique. En effet, la question de la propreté n'est pas, ne devrait pas, être l'affaire du seul gouvernement ou de la seule mairie. Elle nous concerne tous en tant que citoyens. Sinon, en dehors des alentours de la cité de la Démocratie, tous les sites identifiés aux abords des principales artères appartiennent à des Gabonais, lesquels, à défaut de les avoir investis, les ont laissés en jachère. Résultat: ils sont envahis par de hautes herbes. On peut enfin regretter le fait que malgré le chômage qui frappe de nombreux jeunes compatriotes, ils ne sont pas nombreux qui veulent exercer cette besogne.
C'est dire qu'il faut un sursaut patriotique pour donner à Libreville-la-coquette, l'image du Gabon dans le concert des nations, digne de son chef.