Les enseignants et chercheurs, membres du Laboratoire universitaire de la tradition orale (Luto), ont, au cours d'une table ronde, regardé très attentivement la question de l'identité culturelle gabonaise.
RÉCEMMENT, les enseignants et chercheurs membres du Laboratoire universitaire de la tradition orale (Luto) ont organisé, dans la salle de réunion de cette unité de recherches pluridisciplinaires, une table ronde autour de divers thèmes touchant aux identités culturelles gabonaises.
On a noté, à cette réunion présidée par le Pr jean-Noël Gassita, la présence du vice-recteur chargé des questions académiques et de la recherche, le Pr Jérôme Tanga Kwénzi Mikala.
Le Premier thème développé a été "Les rapports entre pygmées et Bantu du Gabon". Ce sujet a été soutenu publiquement, avec un brio remarquable, il y a quelques semaines, par Guy-Max Moussavou pour l'obtention du
diplôme d'études approfondies (DEA), en anthropologie sociale et culturelle.
Le lauréat, dans son exposé, a édifié les participants par ses qualités d'orateur et sa maîtrise du sujet. Il a apporté des explications éclairantes sur les quelques points d'ombre concernant les liens ou relations qui existent entre les Pygmées et les Bantu au Gabon.
Pour Guy-Max Moussavou, les Pygmées suscitent de plus en pus l'intérêt des hommes de science, après qu'ils ont été victimes de préjugés tenaces. Aussi, une nouvelle lecture anthropologique doit-elle être faite sur les rations qu'entretiennent ces catégories avec leurs voisins bantu.
Dans une communication portant sur "La langue koya : illusion ou réalité ? ", Pither Medzo Mvé a démontré que les Bakoya ont perdu leur langue d'origine. Celle-ci a été remplacée par le bungom. Ce qui fait que les Bakoya la considèrent comme leur langue.
Léa Zame Avézo'o, dans "La culture du différent: le cas des Bakoy" a souligné que les populations voisines des communautés bakoya adoptent des comportements inadmissibles à l'égard des Bakoya : ils ont des représentations visant à les distinguer des Bakoya et à maintenir ces derniers dans une position d'infériorité. «Or, l'observation que l'on fait de la vie quotidienne tend à montrer l'existence, dans les villages, de groupes homogènes et intégrés», a-t-elle précisé.
Paulin Kialo a consacré, dans "L'homme et la forêt", les différents rapports qu'entretiennent les populations autochtones et les exploitants forestiers européens avec la forêt gabonaise.
Selon ce doctorant, la forêt est pour les forestiers blancs une richesse d'exploitation intensive et pour les populations locales un bien précieux qui doit être géré avec parcimonie.
Enfin, l'ethnomusicologue Sylvie Lebomin a présenté son ouvrage sur "La musique batéké".
Les personnes présentes à cette table ronde ont tenu à féliciter Guy-Max Moussavou, membre du Luto, qui a obtenu son DEA et le statut de premier spécialiste des Pygmées du Gabon à l'université Omar Bongo, après qu'il a présenté, devant le jury composé des professeurs Joseph John Nambo, Raymond Mayer et jean-Noël Gassita, un mémoire sur les Rapports entre Babongo et Bantu du Gabon. Cas des groupes de populations du massif du Chaillu. Il lui a été demandé de poursuivre les recherches jusqu'au grade le plus élevé dans cette spécialité.
C'était l'occasion pour l'assistance de découvrir le rhum carambole réalisé par le pharmacologue Jean-Noël Gassita.