A Loango et Moukalaba-Doudou, dans les provinces de l'Ogooué-Maritime et de la Nyanga, la chasse aux animaux sauvages est devenue de plus en plus intense ces derniers temps. Explication.
QUEL tourisme allons-nous proposer au monde si nous détruisons nous-mêmes notre potentiel faunique ? Et quel héritage léguerons-nous aux générations futures ? Ces deux questions se posent, en effet, avec acuité, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées par les services chargés de la protection de l'environnement et de la faune auprès des communautés vivant dans les 13 parcs nationaux que compte notre pays, au regard des dégâts causés par les braconniers et autres destructeurs de la nature à nos ressources naturelles.
De nouvelles stratégies de lutte anti-braconnage sont pourtant régulièrement déployées par les pouvoirs publics à coup de millions, pour emmener bon nombre de nos compatriotes qui ne savent pas encore ni ce qu'est la nature, ni comment et pourquoi la protéger et la gérer sainement, à prendre conscience des grands enjeux de la défense de l'environnement.
Il faut croire que la route est encore longue, au regard des importantes quantités de gibiers triés abusivement dans nos forêts, et pire, dans les zones protégées et les réserves.
CHASSE INTENSE. C'est ainsi que dans les parcs nationaux de Loango (province de l'Ogooué-Maritime et Moukalaba-Doudou (province de la Nyanga), gérés en grande partie par le service des eaux et forêts et l'antenne locale du Fonds mondial pour la nature (WWF), la chasse aux animaux est devenue de plus en plus intense ces derniers temps.
Cette situation tend aujourd'hui à devenir une préoccupation majeure dans ce complexe d'aires protégées de 502 ha en proie à une chasse exagérée.
En effet, il ne se passe pas un jour sans que les écogardes et les agents des eaux et forêts de Gamba ne réalisent une importante saisie de gibier sauvagement abattu, malgré les efforts de sensibilisation des défenseurs de l'environnement sur l'ensemble de la zone.
Faut-il préciser qu'une série d'actions ont été mises en place par le WWF et les eaux et forets pour contrecarrer ce phénomène.
Il s'agit d'un ensemble de mesures assez rigoureuses, à savoir : la surveillance de proximité sur les zones cibles plaines de Vera, Mboula, Totou, Mayonani, Rembobongo, Koumaga) avec pour objectif de marquer une certaine influence auprès des chasseurs et de faire une évaluation des espèces repeuplées, le brûlage des pièges et la destruction systématique des campements afin de décourager les récidivistes qui préfèrent squatter dans les forêts, la répression par des amendes et la saisie de la viande, et enfin, le contrôle des mouvements suspects dans les principaux points d'attraction (marchés, débarcadères, etc.).
Ces nouvelles stratégies de surveillance commencent à donner des résultats positifs.
Pour preuve, courant octobre 2004 au village Boumé-Boumé, sur l'axe routier Gamba-Tchibanga, une saisie de plus a été effectuée à la suite d'un véritable massacre orchestré par des chasseurs indélicats dudit village. Butin saisi, quatre sangliers, deux buffles, un éléphant et plusieurs petits gibiers découpés, séchés ou bouillis. Armés de quatre fusils dont deux 458 et deux calibres 12, les chasseurs, bien équipés en marmites, couteaux, machettes, sel et autres condiments, ont été surpris en flagrant délit par les agents dans leur campement, alors qu'ils s'apprêtaient à organiser le transport de la "marchandise" vers le village.
Quand comprendrons-nous la nécessité de perpétuer les richesses naturelles de notre si beau pays ?
LOANGO-MOUKALABA-DOUDOU• Dans le parc national de Moukalaba-Doudou, 4500 km2, vivent de grands mammifères (la grande faune comprend, outre les mammifères forestiers, des espèces particulières comme le Cobe defassa). Des centaines d'éléphants se rassemblent dans les marécages à papyrus en saison sèche) et de grands singes (les monts Doudou pourraient constituer un site important d'observation des gorilles et Chimpanzés, la densité de gorilles y étant remarquable).
Le paysage est varié. Terrain ancestral des Eshira, Ipunu et Loumbous, cette région offre une grande variété de paysages de savane et de foret, y compris la chaîne des monts Doudou et les grandes plaines du bassin de la Nyanga.
Danse parc national de Loango, 1550 km2, vivent gorilles et éléphants. Le site offre de très beaux panoramas pour l'écotourisme avec éléphants, buffles, hippopotames, gorilles et panthères marchant sur le sable blanc de la plage, un spectacle unique au monde.
Entre juillet et septembre les baleines à bosse peuvent être " observées facilement au large de Loango. Le Gabon abrite la plus grande concentration et varié de baleines et de dauphins après l'Afrique du Sud.
Loango est internationalement reconnu comme le meilleur site pour les amateurs de pêche au tarpon de taille record et de nombreuses autres espèces de haute mer.
L'extension nord du royaume de Loango a été peuplée dans le passé par de nombreuses communautés Vili et Ngowés.
Aujourd'hui on trouve des villages Ngowés, Loumbou et Eshira sur les îles et les rives des lagunes Iguéla (Ngowé) Ndogo.