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Profanation de sépulture: Crime et châtiment
Auteur:  L'Union  | Date: 13 Novembre 2004  | Réactions ()
Section: Société/Culture  | Source: L'Union

Ceux qui s'évertuent à déranger le repos des morts méritent que la justice des vivants les châtient.

NE CRAINDRE ni Dieu ni les hommes, c'est faire fi à la fois de la colère divine et des rigueurs de la loi. Certains individus sont pourtant habités par un tel état d'inconscience et d'amoralité. Une famille qui découvre un matin que le cercueil contenant le corps de son défunt a été retiré de la tombe, des cimetières à l'abandon qui reçoivent la visite de terrassiers ou de personnes venant y déverser des détritus, voici le sombre tableau des lieux de sépulture de Bikélé, d'Ambowé et de bien d'autres contrées.

Tous ces cas, malheureusement pour leurs auteurs, ne sont rien d'autre que des infractions pénales. Le Code pénal, dans sa loi n° 21 /03 du 31 mai 1983, stipule que < (...) quiconque aura profané ou mutilé un cadavre, même non inhumé» sera puni d'un emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 24 000 à 120 000 francs CFA. Une loi qui s'applique, parfaitement, à l'affaire de Bikélé.

S'agissant du second cas où des travaux sont entrepris malgré les sépultures, les personnes concernées encourent des peines semblables. Bien entendu, il n'y a pas eu d'acte sur un cadavre. Puisqu'aucun ossement humain n'a été mis à jour par les travaux. Mais la loi considère que dégrader tout tombeau et/ ou ses ornements (croix couronnes, dalle, etc) constitue un délit qui vous rend «(,..) coupable de violation de tombeaux ou de sépultures (qui) sera puni d'un emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 24 000 à 120 000 francs CFA.»

Si la législation gabonaise est claire sur des sujets tels que la dégradation volontaire d'un tombeau, la mutilation d'un corps, en revanche, obtenir des informations sur la procédure légale pour faire arrêter des travaux entrepris sur l'aire d'un cimetière est une tâche ardue. Puisque cet espace est considéré comme une zone non constructible, il est placé, par conséquent, sous la juridiction de la direction générale de l'Urbanisme. Cependant, ce service n'a pu nous fournir à temps, non seulement la procédure légale d'arrêt des travaux constatés sur un cimetière, mais également les textes mentionnant les sanctions et les peines encourues par les coupables.

Cette référence à l'Urbanisme conduit indubitablement à la question de l'aménagement et de la conception des sites du repos éternel. Deux points qui par leur absence expliquent la tendance de certaines personnes à profaner les cimetières. L'inexistence d'une barrière rend impossible le gardiennage de ces espaces, puisqu ouverts à tous les vents. Et c'est ce qui explique les actes récents. Bikélé en est la preuve. Pas de mur, pas de gardiens. Ce qui équivaut à un manque de dissuasion pour les profanateurs.

Ces derniers (acteurs et commanditaires), sous nos latitudes, sont motivés par des desseins fétichistes et pécuniaires. Nul besoin d'être un observateur chevronné pour s'en rendre compte. Ailleurs, ces actes sont plus souvent d'ordre idéologique, sur fond de racisme récurrent. La France, avec la profanation de sépultures juives par des groupuscules se réclamant du nazisme, en est le parfait exemple. Malheureusement, tant que des individus animés par ces mobiles, fétichistes ou pas, seront en liberté, il est à craindre que les médias continuent à faire état de profanations et d'actes sacrilèges, ici et là.

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