L'Unicef a déploré vendredi la remise en liberté par la gendarmerie gabonaise d'une vingtaine d'adultes interpellés mercredi à Libreville et soupçonnés d'être les employeurs présumés d'enfants victimes d'exploitation par le travail. "Ces adultes ont tous été relâchés", a regretté le représentant résident de l'Unicef au Gabon, Kristian Laubjerg. "Nous disons au Gabon que s'il veut gagner une nouvelle respectabilité en matière de lutte contre le trafic d'enfants, il doit punir les coupables", a poursuivi M. Laubjerg. "Tant que les trafiquants ne sont pas punis, les enfants renvoyés chez eux retombent dans le trafic", a poursuivi le représentant de l'Unicef, qui a rencontré vendredi le ministre gabonais du Travail Jean Boniface Assélé, qui préside le comité interministériel en charge du dossier. "Cette opération a également révélé le manque de coopération entre les différents services concernés", a encore relevé M. Laubjerg. Mercredi, la gendarmerie gabonaise a interpellé une soixantaine de jeunes travaillant dans les rues ou les marchés de Libreville, ainsi qu'une vingtaine d'adultes soupçonnés d'être leurs employeurs. Après vérification, 21 mineurs originaires du Nigeria, du Bénin, du Togo ou du Ghana, considérés comme des victimes de trafic, ont été transférés dans des centres d'accueil dans l'attente d'un rapatriement. Cette opération était la première lancée par les forces de l'ordre depuis l'entrée en vigueur en septembre dernier au Gabon, destination privilégiée des mineurs d'Afrique de l'Ouest victimes de trafic, d'une loi réprimant toute forme d'exploitation des mineurs. Au Togo, on est conscient de ce grave problème. Des trafiquants sillonnent les villages proposant aux familles la prise en charge de leur enfant en échange d’un petit pécule. Disposant d’un solide argumentaire, ces délinquants soutiennent que les enfants seront scolarisés ou formés à un métier. Souvent dans la plus complète ignorance, les familles se laissent convaincre sans trop de difficulté. Une fois le deal conclu, les pauvres gosses se retrouvent comme esclave moderne à Libreville mais également ailleurs en Afrique.
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