Depuis lundi dernier, ce corps de nos forces de sécurité et de défense a procédé à l'interpellation, à Libreville notamment, de 60 individus exploités et 22 trafiquants expatriés de diverses nationalités africaines.
LONGTEMPS restée au stade des intentions, nonobstant la mise en place récente d'un arsenal Juridique suffisamment conséquent, la lutte contre le trafic des enfants exploités à des fins de travail semble amorcer le bon virage. On en voudra pour preuve, cette série d'opérations coups de poing lancées depuis lundi par les éléments de la gendarmerie nationale et qui ont permis de mettre la main sur 60 expatriés en situation illégale dont l'âge varie entre 8 et 29 ans.
Outre des mineurs, on dénombre d'une part la présence d'adultes, hommes et femmes confondus, vivant et exerçant de menues activités au Gabon, dans la plus totale illégalité. De même, on note l'arrestation de 22 personnes soupçonnées d'être versées dans le trafic et l'exploitation des enfants et des adultes à des fins inavouées. Ces suspects ont été dénoncés par leurs propres sujets, lorsque les, gendarmes ont entrepris d'en savoir plus.
Selon Honoré Olery, le commandant en chef de la gendarmerie nationale. que ,nous avons rencontré au camp Gros-Bouquet hier matin, l'opération coup de poing ainsi entamée, outre son déploiement imminent à travers l'ensemble du territoire national, vise en priorité à mettre hors d'état de nuire, les réseaux d'immigration clandestine, et 'exploitation des mineurs et des adultes à des fins de travail dans notre pays.
Au bout du compte, croit-on savoir, le patron de la maréchaussée et ses éléments voudraient très rapidement parvenir à stopper net cette activité illégale qui n'a que trop, duré et qui se déroulait, jusque-là, au nez et la barbe des autorités gouvernementales, et dés forces de sécurité, incapables d'agir à l'effet d'éradiquer ce mal social.
L'arsenal juridique récemment adopté par les deux chambres du Parlement gabonais permet aujourd'hui de réprimer le trafic des enfants qui s'apparente, à n'en point douter, à une nouvelle forme d'esclavage, cette pratique vile et honteuse qui a appauvri et saigné l'Afrique au cours des siècles écoulés à travers le commerce triangulaire.
Qu'adviendra-t-il des 82 sujets arrêtés depuis lundi à Libreville et de ceux qui le seront à l'intérieur du pays ? A cette interrogation, Honoré Olery s'est voulu clair, précisant qu'en tant qu'auxiliaire de la justice, le travail de la gendarmerie se limite à mettre la main sur les sujets indélicats qu'elle livre, par la suite, à l'autorité compétente.
Dans le cas d'espèce, il s'agit du ministère de la Famille, de la Protection de l'enfance et de la Promotion de la femme. C'est à lui et à lui seul qu'incombe la responsabilité de trouver le sort réserver à ces personnes. Pour ce faire, a-t-on appris, un délégué a été commis, qui se chargera de les acheminer vers l'autorité ministérielle.
Voici récapitulée par nationalités, sexes et âges des personnes étrangères en situation irrégulière, la répartition telle qu'a pu l'établir le commandement en chef de la gendarmerie nationale :
• Béninois: 34 individus de sexe féminin âgés entre 8 et 29 ans;
• Nigériens: 4 garçons dont l'âge va de 12. à 17 ans contre 3 femmes de 13 à 15 ans;
• Togolais : 16 femmes de 15 à 25 ans
• Ghanéens : 3 femmes de 19 à 26 ans.