DEPUIS quelques semaines, le grand banditisme fait à nouveau parler de lui dans notre pays. Notamment à Libreville où ont été dernièrement enregistrés de nombreux braquages à domicile. Surtout dans les zones d'Okala et d'Owendo, etc. Les victimes se sont rapprochées des forces de l'ordre pour exprimer leur désarroi et demander secours. Mais une fois encore, les agents ont soulevé un problème une d'insuffisance de moyens.
Avant-hier le ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration qui s'est rendu à l'état-major des polices d'investigations judiciaires a découvert les conditions désolantes dans lesquelles les policiers affectés aux différentes unités dudit état-major opèrent. Il s'agit de la Brigade anti-criminalité, Brigade des moeurs, la Direction économiques et financières chargée de la répression des fraudes à caractère financer et la fausse monnaie, le bureau de l'Association internationale de police (Interpol) l'Office central anti-drogue, etc.
«Geôles,avec odeurs pestilentielles et chaleur étouffante, cadre de travail exigu et parfois suranné, matériels à la limite de l'obsolescence, structures inadaptées au contexte du moment...» Telle est la description des lieux faites par notre "reporter". Le constat n'est pas de loin différent de celui de la plupart des autres unités de ce corps chargé de veiller à la sécurité des biens et des personnes dans notre pays. Au contraire, il if plus désolant, le commissariat de la commune d'Owendo qui avait été inauguré, se souviendra-t-on, en grandes pompes. Là-bas on peut même dire que les agents ne peuvent rien faire, faute des moyens les plus élémentaires pour la mission de sécurité...
Au regard de ce constat on peut être tenté de dire que nos forces de police qui de temps à autre arrivent à obliger les bandits à observer une trêve, sont des héros. Et par rapport à cela, ils méritent mieux que de simples félicitations comme celles adressées par le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane lors de la cérémonie de présentation des voeux au chef du gouvernement. On se souviendra de ce que le locataire de l'immeuble du 2-décembre tenait «à féliciter vivement l'ensemble de nos Forces de Sécurité et de Défense pour leur tenue, pour la lutte qu'elles ont engagée résolument contre le grand banditisme et pour leur implication dans les opérations que le gouvernement initie en vue de la propreté et de l'embellissement de nos cités, notamment à Libreville.»
Revenant sur la question liée au manque de moyens et aux mauvaises conditions de travail dont se plaignent régulièrement, et à juste titre, les agents. de police, il faut quand même dire que c'est un peu surprenant qu'aujourd'hui encore on se retrouve à poser les mêmes doléances. Tant depuis plus de trois ans, l'État fait des efforts dans le sens d'augmenter les capacités d'action des Forces de sécurité et de défense engagées dans la lutte contre l'insécurité. Même le président de la République est personnellement intervenu dans ce sens.
Il est vrai que des efforts ont été déployés à certains niveaux du corps. Notamment le renforcement des effectifs au niveau de la police quia recruté 500 nouveaux agents, et l'ouverture d'un commissariat à Owendo, etc. Mais que peuvent faire ces agents si à part leur formation initiale, ils ne disposent pas des moyens matériels suffisants et adéquats pour l'accomplissement de leurs missions ?Que vaut un commissariat de police sans véhicule, ni moyens de communication ?
Sur un tout autre plan, on peut se joindre à ceux qui réclament un audit de la gestion des moyens financiers dégagés par l'État et le président de la République depuis plusieurs années dans le sens du renforcement des capacités des forces de police. Car, là aussi, il y a un bilan d'étape à faire pour mieux cibler les priorités et, à l'avenir, utiliser les mayens, déjà limités, avec efficacité. "La police de proximité, digne-efficace, légaliste et républicaine" que le nouveau ministre de la Sécurité et l'Immigration, Pascal-Désiré Missongo appelle de tous ses voeux ne pourra voir le jour que si une gestion parcimonieuse et rigoureuse des budgets alloués à ce corps est instaurée. Celle-ci doit se faire à partir des priorités. Et sur ce plan, le cadre et les conditions de travail ne sont pas des facteurs non négligeables.
C'est à partir de là aussi que le souhait émis par Pascal-Désiré Missongo de voir le "Tout puissant voler à son secours pour la réalisation de son projet pour la police" pourrait être exaucé. Même si, il y a également un travail à faire au niveau de la mentalité des policiers, notamment dans leurs rapports avec les usagers qui subissent déjà le grand banditisme.