Après la sortie de près de 500 nouveaux agents.
Inscrite au rang des priorités dans le cadre de la loi de finances 2004, la lutte contre l'insécurité est rentrée dans une autre phase aujourd'hui, avec la sortie de plusieurs centaines d'éléments frais. Leur mission première étant de traquer les bandits jusque dans leur dernier retranchement.
ON peut légitimement interpréter la dernière sortie de, près de 500 nouveaux agents des Forces de police nationale comme un élément de réponse du gouvernement à la difficile équation que constitue jusqu'à présent l'insécurité dans notre pays. Il est vrai que depuis un certain temps déjà, le discours politique développé par: les autorités compétentes a effectivement laissé entrevoir qu'il se dessinait une nouvelle organisation destinée à garantir la sécurité des personnes et des biens contre les risques de toute nature susceptibles de réduire toute perspective de liberté des citoyens et d'accumulation de richesses.
Cette sortie des 490 policiers se situe en tout cos dans le prolongement des recommandations édictées par le président de la République, Omar Bongo Ondimba, qui se préoccupe davantage de la sécurité de l'ensemble des habitants de son pays. L'on se souvient encore que, de retour à Libreville au terme d'un voyage qui l'avait conduit à Madrid (Espagne) où il avait pris part au Sommet mondial sur le vieillissement, il avait réagi, eu égard à la montée vertigineuse du grand banditisme, en affirmant que la, seule façon pour lutter efficacement contre ce phénomène est que les forces de sécurité fassent preuve de fermeté et de rigueur dans l'esprit du droit.
Ce d'autant que depuis pas mal d'années déjà, se développe dans notre pays, à Libreville notamment, une vague d'insécurité qui se caractérise par des braquages, vols à main- armée, vols à l'arme blanche, viols et agressions en tout genre. Sans pour autant que des réponses appropriées soient apportées à ces mauvais traitements infligés aux populations.
Ce qui avait conduit le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emané, aidé en cela par les:instructions du chef de l'Etat, à considérer fort justement, la lutte contre l'insécurité comme un axe prioritaire de la politique de son -gouvernement. Dans sa déclaration de politique générale devant la Représentation nationale, le Premier ministre armait indiqué que son gouvernement mettra désormais l'accent sur l'augmentation des effectifs des forces de sécurité, la formation, la dotation, en matériel roulant, en moyens logistiques de lutte contre l'immigration clandestine.
IMMIGRATION COMME CAUSE • Cette volonté du gouvernement à mettre fin aux sévices infligés aux populations par les bandits de tout acabit s'est traduite par un certain nombre d'actions. En l'occurrence "l'opération scorpion" initiée par le ministre Idriss Ngari, alors à l'Intérieur, à la Sécurité publique et à la Décentralisation. Une opération qui, même si elle avait été diversement interprétée, a néanmoins permis a la capitale de retrouver un certain calme. On peut citer aussi, au nombre dis actions entreprises par le gouvernement ayant permis la pacification de la capitale, la destruction du village des pêcheurs qui avait été longtemps soupçonné de servir de base arrière aux bandits. Et comme la véritable plaque tournante de l'immigration clandestine.
Ainsi que l'avait, fort justement, déclaré le Premier ministre, l'immigration clandestine constitue véritablement la grande plaie de ce pays. Ce d'autant qu'elle est à tous égards le ferment de l'insécurité.
Laquelle avait conduit le président de la République à décider l'inscription de la Défense nationale et la Sécurité publique au rang des priorités du gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2004, pour donner sa pleine mesure à la lutte contre ce fléau. C'est donc dire qu'il s'instaure, petit à petit, une nouvelle dynamique en faveur de la sécurité des Gabonais. Une dynamique essentielle en tout cas pour que tous les malfrats soient définitivement mis hors d'état de nuire.
On peut donc entrevoir, sans risque de se tromper, qu'avec ces 490 nouveaux policiers, la lutte contre l'insécurité va être un peu plus accentuée. Cette fois-ci, ainsi que le rappelait le nouveau ministre en charge de la Sécurité publique, Pascal-Désiré Missongo, lors de la visite de contact qu'il avait effectuée à la Fopi, tout porte à croire que «la peur va désormais changer de camp».
Toutefois, le combat contre ce fléau est loin d'être gagné. Car, mener une guerre contre le grand banditisme; c'est-à-dire «attaquer de front l'insécurité, de sa manifestation la plus anodine jusqu'à son éradication», signifie mettre à la disposition de nos forces de sécurité des moyens conséquents. Tout autant qu'il faut mettre dans des conditions idéales les hommes et les femmes appelés à oeuvrer pour la concrétisation de ce voeu. Gageons simplement que le chef du département de la Sécurité publique va agir efficacement pour traduire dans les faits les recommandations du chef de l'Etat et boutez hors de l'espace public tous les hors-la-loi.