Huit syndicalistes des Postes et Télécoms gabonaises, arrêtés samedi dernier et placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur un "sabotage" des lignes téléphoniques internationales du Gabon, ont été libérés, a indiqué vendredi l'un d'entre eux à l'AFP.
"Nous avons été remis en liberté provisoire mercredi après avoir été entendus par un juge d'instruction (du Tribunal de Libreville). Il n'y avait aucune preuve contre nous", a expliqué César Opiangah, membre du comité exécutif du Syndicat national des Postes et Télécommunications (Synapostel).
Les huit membres du Synapostel ont été inculpés d'"atteinte à la sécurité extérieure et intérieure de l'Etat et d'actes de sabotage" à la suite d'une plainte contre X déposée par les directions de Gabon-Postes et Gabon-Télécoms, les deux entités issues de la restructuration de l'ex-Office des Postes et Télécommunications (OPT), selon la même source.
Ils sont soupçonnés d'être les auteurs d'un acte de malveillance dans l'enceinte d'un site technique de l'ex-OPT, à l'origine, selon le gouvernement gabonais, d'une coupure de près de sept heures des lignes téléphoniques internationales, le 15 février dernier.
Ces arrestations sont "un acte de diversion destiné à briser notre mouvement", a estimé M. Opiangah en référence à la grève illimitée lancée fin décembre par le Synapostel pour réclamer le paiement de certains droits dans la perspective de la privatisation de l'OPT.
"Cette affaire a des relents politiques", a ajouté M. Opiangah en référence aux déclarations du président Omar Bongo qui avait notamment dénoncé des ramifications entre les auteurs du "sabotage" et "certains responsables politiques qui ont prôné le boycott des élections législatives (de décembre)
Implicitement visée par ces accusations, la coalition des Partis politiques de l'opposition a sévèrement critiqué jeudi dans un communiqué la "fuite en avant effrénée" du gouvernement qui, selon elle, "cherche vainement des boucs émissaires à l'échec retentissant de sa gestion".
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