Sevrés de la gratuité du transport depuis la rentrée des classes, ces derniers semblent résignés à financer eux-mêmes ce service pour se rendre à leurs chères études.
LE mouvement d'humeur déclenché en début de semaine par les élèves du lycée technique national Omar Bongo, réclamant des bus pour leur transport, semble s'être apaisé. Quatrième jour depuis l'instauration de cette revendication, la matinée d'hier a, en effet, laissé présager un retour au calme chez ces jeunes compatriotes. Lesquels, deux jours durant, ont paralysé la circulation pendant plusieurs heures au niveau du carrefour-STFO, où ils avaient érigé des barricades pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur cette question.
Exaspérés par ce qu'ils estiment être "1'indifférence des autorités" face à cette situation à l'origine de nombreux retards dans le suivi des cours au niveau de leurs classes, ces élèves, on s'en souvient, avaient menacé d'aller perturber leurs condisciples d'autres établissements de la place, afin d'éviter ce qu'ils désignent par "une école gabonaise à plusieurs vitesses".
Mais à la lumière de l'accalmie observée hier sur les principaux lieux de concentration des lycéens (Gare routière, carrefour-STFO, Rio, etc.), il est permis de penser que ces derniers ont décidé de reconsidérer leur position. Sans nul doute, ont-ils suivi le conseil du directeur général de la Société gabonaise de transport (Sogatra) qui, interroge en début de semaine au sujet du retard accusé par ses services dans la mise en circulation des nouveaux bus, demandait aux écoliers de prendre leur mal en patience en gardant leur calme.
Célestin Ndolia-Nhaud, rappelons-le, indiquait à ce sujet qu'il aurait été constaté "certains défauts de fabrication" des bus lors de leur livraison. N'étant donc pas entièrement sûr des garanties de sécurité offertes par ces véhicules, la Sogatra ne pouvait prendre le risque de les mettre immédiatement en circulation. Encore moins de les affecter au transport des élèves.
Toutefois, elle aurait commis à Alger, où se trouve l'usine de production desdits autocars, un cabinet spécialisé en la matière pour s'assurer que les conditions de fabrication de ceux-ci ont été respectées, comme indiqué dans le cahier des charges transmis au fournisseur par l'acheteur. Le cabinet Veritas, auquel ce marché aurait été confié, devrait dans les tout prochains jours rendre les conclusions de son enquête.
LOURD TRIBUT • Hormis ce point, l'indisponibilité des bus sur le réseau serait également due, selon le DG, à la vérification, au niveau de la fosse technique de la Sogatra, des différents organes de sécurité contenus dans les "mastodontes". Démarrée en début de semaine, cette opération se poursuit actuellement au rythme de deux à trois véhicules par jour, en raison de la délicatesse de cette tâche. Ce qui suppose donc que les 30 véhicules prévus pour être affectés au transport des élèves ne pourront être disponibles avant le milieu de la semaine prochaine.
En attendant le retour à la gratuité du transport scolaire, à laquelle de nombreux tuteurs ne croient plus, en dépit des assurances formulées par le gouvernement quant à la poursuite de cette politique voulue par le chef de l'État, lycéens et collégiens de Libreville et d'Owendo sont condamnés à mettre la main à la poche pour se rendre à leurs établissements. Grevant ainsi un peu plus les salaires de leurs parents que la rentrée scolaire a littéralement dévorés.
Et ceux qui paient le plus lourd tribut dans cette affaire sont, assurément, les élèves président par exemple à gond)é et qui apprennent à Owen do. Ces derniers, sandwich non compris, déboursent aujourd'hui entre 1500 F CFA et 2000 F CFA par jour. Avec de telles dépenses presque imprévues, on est en droit de se demander si de nombreux parents tiendront le coup.
À cela, il faut ajouter les caprices et l'excès de vitesse qui caractérisent les taximen, surtout en temps pluvieux. Jouissant actuellement d'un monopole certain, ces derniers, qui estiment à tort porter du bétail dans leur "vans", se livrent à une véritable course à l'argent, mettant ainsi en danger la vie d'enfants. Lesquels, faute de mieux, sont obligés de prendre d'aussi gros risques pour aller s'instruire