PAS moins de treize thèmes débattus dans autant d'ateliers. En dépit du délai (trois jours) que certains ont estimé relativement court pour ce genre d'assises, les Etats généraux de la justice, organises à la Chambre de commerce semblent avoir tenu leurs promesses. Cette grande palabre achevée samedi a en effet permis une remise en cause, sinon en ordre, de l'appareil judiciaire.
Qu'il s'agisse du fonctionnement des juridictions ou des conditions de travail des personnels judiciaires, le regard de l'intérieur a été sans complaisance. Au niveau du recrutement et de la formation des personnels judiciaires par exemple, fut dénoncé un «recrutement complaisant», le «suivi approximatif » aussi bien au plan de l'éthique que la déontologie, durant la formation et la vie professionnelle des personnels.
Beaucoup a été également dit sur l'exécution des décisions de justice, sujet récurrent et donnant lieu à des commentaires désabusés. Cet état des lieux, particulièrement peu reluisant, a amené les participants à adopter plusieurs recommandations allant dans le sens de la réorientation de notre système judiciaire. Au niveau du recrutement, il a été préconisé une exigence de qualité en relevant le niveau d'entrée à l'école nationale de la magistrature qui vient de rouvrir ses portes.
Au niveau du fonctionnement des juridictions par exemple, il a été recommandé la délocalisation des juridictions actuelles par la création des tribunaux d' instance et la mise en place des chambres régionales de compte, facteurs de rapprochement de la justice et du justiciable. Il a été également demandé l'institution du juge des enfants et du juge de l'application des peines, tout comme il a été préconise l'institution de l'assistance de l'avocat aussi bien au niveau de l'enquête préliminaire qu'à celui du procureur de la République. Sur le plan des conditions de travail, les Etats généraux ont recommande la mise à la disposition des services judiciaires des moyens humains, matériels et financiers Propres à assurer la garantie de leur indépendance.
Sur la place, et des missions des greffiers dans le fonctionnement de l'institution demande il a été demandé la refonte des statuts des huissiers et greffiers ainsi que l'amélioration de leur plan de carrière. D'autres recommandations telles que la l'adoption démesures propres à garantir l'exécution des décisions de justice, la réaffirmation des missions du ministère public vis-à-vis des officiers de police judiciaire (OPJ), la mise en place d'une législation spécifique réprimant la contamination volontaire du VIH/Sida, le trafic d'enfants, le harcèlement sexuel, l'inceste et l'homosexualité et d'autres crimes ou
délits encore..., ont occupé une place de choix dans la conclusion des travaux. Les participants ont aussi exprimé le vœu de voir l'institutionnalisation des Etats généraux de la justice à une fréquence qui sera fixée ultérieurement.
Toutes ces recommandations montrent à suffisance le souhait de tous de voir se moderniser l'appareil judiciaire gabonais tant au niveau des hommes que des moyens, comme l'a souhaité le garde des Sceaux à la veille de ces assises finalement porteuses d'espoirs.