Comme la plupart des participants, la garde des Sceaux, Honorine Dossou Naki, a exprimé le vœu de voir l'avènement d'une institution judiciaire plus crédible aux yeux du justiciable.
LES états généraux de la justice se sont achevés samedi. Trois jours ont suffi aux professionnels de la justice gabonaise pour procéder à. une remise en cause d'un système judiciaire de plus en plus décrié, de l'intérieur, comme de l'extérieur …
Les participants ont donc, avec professionnalisme et parfois avec une passion propre à ce genre de rencontre, posé les jalons d'une « justice moderne » , l'un des objectifs de ces assises.
Le ton avait été donné jeudi, par le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane, qui ouvrait les travaux au nom du président de la République, président du Conseil supérieur la magistrature.
Le chef du gouvernement avait en effet invité les professionnels de la justice «a revisiter à froid notre justice à l'aune des évolutions présentes et futures ». Ce qu'ils se sont évertués à faire, aussi bien en ateliers qu'en plénière, durant ces assises qui relevaient véritablement d'une gageure. Au final, tout le monde s'en est félicité. A commencer par ta principale initiatrice de ces états généraux, la garde des Sceaux, ministre de la justice, Honorine Dossou Naki qui, à la séance de clôture, a surtout tenu à relever ce «désir partagé de faire de nôtre justice une institution performante, cohérente, crédible et efficace, capable de garantir le développement et la promotion de l'Etat de droit souhaité par tous, mais aussi les droits des justiciables qui cherchent désespérément la justice qu'ils nous ont confiée ».
Pour apaiser l'inquiétude des uns et des autres par rapport au suivi des recommandations issues de ces travaux, Mme la garde des Sceaux a indiqué qu'elle n'a pas la prétention d'annoncer ici et maintenant le printemps de la justice gabonaise. Néanmoins, elle a assuré les professionnels de la justice de deux choses. Elle s'est en effet portée garante d'un ferme et constant soutien à ces recommandations auprès du président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature qui a personnellement tenu à ce que ces états généraux se tiennent. La responsable du département de la justice a également pris l'engagement de soumettre très prochainement au gouvernement une proposition concernant le projet d'un plan quinquennal relatif au perfectionnement de notre système judiciaire. Les recommandations issues de ces états généraux serviront de base à ce plan quinquennal a avancé, rassurante, la garde des Sceaux:. Dans cette perspective, Mme Dossou Kaki songe déjà à la mise en place d'un comité de suivi des travaux et qui aura pour. mission essentielle la traduction de certaines recommandations en termes juridiques.
Se voulant aux antipodes des théories, la garde des Sceaux•a relevé, comme cela a été souvent constaté au cours des travaux que les maux qui minent le système judiciaire gabonais ne datent pas d'aujourd'hui. Certains d'entre eux feraient même partie de la culture du milieu. D'où son appel à la patience afin que la révolution appelée par tous ne se fasse pas dans la précipitation au risque d'annihiler tous les efforts consentis par ces états généraux.
Dans la perspective de la justice à venir, celle dont l'esquisse a été donnée par ces assises, Mme Dossou Naki a fait fart de son rêve. Le rêve de voir émerger enfin une justice compétente, crédible, juste et impartiale. Avant de se quitter, elle a invité l'ensemble es participants à prendre l'engagement aujourd'hui de tourner la page et de nous engager résolument vers cette justice-là: La justice du troisième millénaire ». Ainsi seulement, ce rêve collectif deviendra-t-il réalité.