Trois jours durant, les acteurs de la justice vont réfléchir sur les mécanismes d'amélioration du système judiciaire gabonais. Histoire de l'adapter aux exigences du millénaire. Plusieurs thèmes ont été retenus à cette occasion.
LONGTEMPS revendiqués par les hommes de loi et mêmes les justiciables, les états généraux de la Justice gabonaise s'ouvrent aujourd'hui à la Chambre de commerce de Libreville. Pendant trois jours, les acteurs de ce secteur vont réfléchir sur la façon de moderniser le système judiciaire de notre pays, dans l'objectif de l'adapter aux exigences du troisième millénaire. La cérémonie d'ouverture sera présidée par le Premier ministre chef du gouvernement Jean-François utoume Emane.
Tous les délégués dont plusieurs viendront de l'intérieur du pays, devront tenir leurs travaux sur la base de plusieurs thèmes retenus par le comité d'organisation en fonction de leur importance et de leur caractère indispensable dans la vie judiciaire. Au total 13 thèmes seront développés. Avec autant d'ateliers pour favoriser les échanges. Et à chaque atelier il y aura un modérateur et un rapporteur.
Parmi les principaux thèmes retenus on notera, par exemple, ceux relatifs au recrutement et à la formation des personnels judiciaires, à 1 exécution des décisions de justice aux relations entre le service judiciaire et l'administration pénitentiaire, au fonctionnement des juridictions et aux conditions de travail des personnels judiciaires, au rôle des auxiliaires de justice, etc. A ce niveau, il faudra souligner qu'il s'agit de voir la problématique du barreau face à une justice perfectible, la place et les missions des greffiers dans le fonctionnement des institutions judiciaires, et les huissiers et les notaires.
Il faut également mentionner des thèmes qui tournent autour des femmes et la justice, des rapports entre l'autorité judiciaire et les officiers de police judiciaire (OPJ), l'éthique et la déontologie dans Ies professions judiciaires, et les relations entre la justice et les médias. À ceux-ci, il y a lieu d'ajouter là place de la justice dans les institutions judiciaires, les missions de la justice et l'égal accès de tous à une Justice de proximité...
Au regard de toutes ces grandes li nés qui devront der lés anges au cours assises des acteurs de Justice, on peut dire que les organisateurs ont pris en compte les préoccupations des justiciables. D'aucuns savent que depuis un moment le système judiciaire gabonais fait l'objet de récriminations. Les magistrats sont accusés, à tort ou raison, d'être "corrompus" et "incompétents" et à la solde des réseaux" plus que du justiciable.
PROBLÈMES • Pour se défendre, ces derniers ont souvent mis en avant leurs mauvaises conditions de travail et de vie. On se souviendra par exemple que depuis plusieurs années, le secteur de la justice connaît des mouvements de grève à répétition Et les doléances des grévistes sont généralement relatives aux difficultés rencontrées par les magistrats et les auxiliaires de Justice dans l'exercice de leurs fonctions ou dans leur vie courante.
Ce sont tous ces problèmes qui ont fait en sorte que l'organisation des états généraux de la Justice gabonaise devienne une nécessité. Certains avaient d'ailleurs relevé le caractère urgent de cet évènement. Au cours de la cérémonie consacrant la rentrée judiciaire, Gilbert Ngoulakia l'avait d'ailleurs souligné. D'autres avant lui l'avaient déjà fait.
Dans l'entretien qu'elle a accordé à notre rédaction avant-hier la ministre de la justice, garde des Sceaux, Honorine Dossou Naki, a rappelé que l'idée d'organiser les états généraux de la justice ne date pas d'aujourd'hui. Elle a d'ailleurs souligné les différentes réformes opérées dans ce secteur depuis 1990. De même, Mme Dossou Naki a reconnu qu'il y a encore beaucoup à faire. C'est pourquoi, ajoutera l'oratrice, nous avons convié tous les professionnels de la Justice pour se retrouver afin de réfléchir sur l'état de notre justice." Et la ministre de s'interroger : "Quelle justice voulons-nous pour notre société et pour quels objectifs ?"
La garde des Sceaux a aussi dit que les problèmes sont nombreux. Et qu'ils sont "imbriqués" les uns dans les autres. Toutefois, Honorine Dossou Nakila préfère privilégier les difficultés liées à la Formation des hommes qui, selon elle, doivent justement animer l'institution judiciaire. Par rapport à cela, elle a précisé qu'il s'ait notamment de leur formation initiale, leur formation continue. Parce qu'il faudrait qu'ils acceptent de se perfectionner, de se remettre en question, de manière à être a la hauteur de ce qui se passe dans le monde en ce moment...
À noter que l'objectif principal visé par ces assises qui prendront fin samedi et qui seront sanctionnées par un rapport général et des recommandations, est essentiellement de moderniser je système judiciaire du Gabon afin de de rendre plus performant, plus efficace et partant plus crédible.