Plusieurs dizaines d'agents municipaux de Libreville, en grève depuis le 8 novembre, ont été évacués mercredi de l'hôtel de ville de la capitale gabonaise par les forces de l'ordre, a-t-on appris de sources concordantes.
Trois grévistes ont été légèrement blessés dans les affrontements qui ont suivi cette évacuation, a indiqué le président du Syndicat national des agents des municipalités gabonaises (Solidarité), Bruno Soungue.
Deux d'entre eux, visiblement blessés à la tête par des coups de matraques, ont été vus par un photographe de l'AFP qui a également constaté la présence de pneus enflammés sur la voie d'accès à l'hôtel de ville.
Ces incidents ont eu lieu alors que le maire de la capitale, Paul Mba Abessole, également à la tête d'un important parti de l'opposition, revenait dans ses bureaux après plusieurs semaines d'absence dues à la campagne pour le premier tour des législatives qui s'est déroulé le 9 décembre.
Le maire de Libreville "est venu avec sa milice privée, armée de gourdins et de pistolets, pour nous empêcher de faire grève", a expliqué à l'AFP M. Soungue, rappelant le droit des agents à faire grève sur leur lieu de travail.
"Nous avons barricadé l'entrée parce que le maire est venu avec l'idée de nous matraquer", a ajouté le président de Solidarité, l'un des deux syndicats à l'origine du mouvement des agents municipaux.
Le maire de Libreville "a décidé de faire sortir les grévistes qui empêchaient les autres agents municipaux de travailler dans l'enceinte de l'hôtel de ville", a expliqué de son côté un responsable municipal.
"Ce sont les gendarmes et les policiers affectés à la sécurité de l'enceinte du bâtiment qui ont procédé à cette évacuation sur ordre du maire", a-t-il ajouté.
Une partie des agents municipaux de la mairie de Libreville, qui emploie avec les mairies d'arrondissement quelque 1.600 agents, ont entamé une grève pour obtenir notamment une augmentation de salaire, le paiement de leur couverture maladie et des frais d'inhumation des agents décédés.
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