L'ENSEIGNEMENT était encore aux devants de l'actualité ces derniers jours. Ce secteur a connu quelques perturbations essentiellement causées par l'arrêt de travail observé par "Amicale des enseignants expatriés". La situation a préoccupé les gouvernants de façon a l'inscrire à l'ordre du jour du Conseil des ministres de mardi 13 novembre 2002.
Des "instructions fermes" ont été données aux administrations compétentes pour prendre des dispositions dans le sens de trouver des voies de règlement des doléances des enseignants expatriés. La réunion entre le ministre de l'Éducation nationale, Daniel Ona Ondo et les structures syndicales de l'enseignement entre certainement dans ce cadre. De même que le communiqué dernièrement publié dans nos colonnes par le Commissariat général à l'immigration.
Il faut rappeler que cette administration est en charge, entre autres, de la délivrance des cartes de séjour. Par souci d'efficacité et en accord avec le ministère de l'Éducation nationale, le Commissariat à l'immigration a mis un dispositif spécial pour le traitement des dossiers de cartes de séjour gratuites en faveur des enseignants expatriés et leurs familles. Et pour éviter que les cours ne soient souvent perturbés dans les établissements, la journée de samedi a été choisie pour vaquer à cette occupation. Et a ce jour, les choses semblent aller normalement. L'opération est partie pour durer, Jusqu'au 21 décembre 2002.
Cependant, l'attitude des responsables de "l'Amicale des enseignants expatriés" mérite quand même que l'on s'attarde sur la question. Il est évident que notre pays a besoin aujourd'hui des compétences étrangères pour combler la carence en matière d'enseignants dont souffre le Gabon. Les enseignants recrutés à l'extérieur du pays pour remplir cette mission savent aussi que l'État gabonais le leur rend bien en matière de traitement. Sinon, personne ne resterait.
Voilà pourquoi, il serait bienvenu pour ceux des frères expatriés qui nous ont apporté leur force de travail dans le domaine de l'enseignement de modérer leurs déclarations publiques. Parce qu'eux aussi ont le devoir de respectée l'État gabonais qui les nourrit. Comme les Gabonais eux-mêmes.
Les défis auxquels notre pays est confronté à présent imposent à notre gouvernement beaucoup de vigilance. Au moment où le Gabon s'est lancé, à l'instar de la Communauté internationale, dans la lutte contre le trafic et l'exploita` Lion des enfants, il est impérieux que les mesures tendant à maîtriser l~immigration clandestine soient renforcées et respectées. Cela passe par un service d'immigration méticuleux et très regardant dans le traitement des dossiers des demandeurs de cartes de séjour.
L'expérience a montré que tous les enseignants expatriés n ont pas la même moralité. On y trouve aussi bien des gens respectueux des lois du pays d'accueil que ceux qui ont des comportements blâmables. En guise d'exemple, on citera l'expulsion, l'année passée, d'un enseignant d'origine guinéenne à qui on reprochait le "faux et usage de faux" et la "complicité à l'immigration clandestine". Ce frère africain avait menti à l'ancien CEDOC en lui présentant un acte de "mariage en blanc". D'autres ont dû faire la prison avant d'être expulsés pour faux diplômes, etc.
Des sources concordantes disent malheureusement que certains enseignants venus de l'extérieur du pays continuent avec ces pratiques. Il y en a même qui falsifient des actes de naissance des enfants depuis leurs pays d'origine juste pour permettre à ces derniers d'avoir facilement les papiers officiels du Gabon. Mais une fois sur place, ces enfants, mineurs pour la plupart, sont lancés dans les rues des villes gabonaises pour exercer un commerce ...informel.
Autant d'arguments qui devraient attirer l'attention du gouvernement pour renforcer sa vigilance et faire en sorte que tout se passe dans le cadre du système mis en place par le Commissariat à l'immigration en accord avec le ministère de l'Éducation. Parce que ce dispositif laisse la possibilité aux services compétents de procéder au contrôle de l'authenticité des documents présentés. Cette rigueur ne peut pas poser problème dans la mesure où la priorité est donnée aux enseignants expatriés dès qu'ils se présentent au guichet du Commissariat général à l'immigration.
En outre, la vigilance s'impose aussi à l'Éducation nationale pour veiller à ce que les contrats signés avec les enseignants expatriés soient respectés par les deux parties. D'où l'importance de sensibiliser les uns et les autres sur leurs droits et leurs devoirs une fois au Gabon. Toujours à la charge de ce département le contrôle de la délivrance des attestations de prise de service aux enseignants expatriés.
Car, il y en a qui travaillent dans des établissements privés mais bénéficient de la gratiuté de la carte de séjour parce qu'en possession d'un document délivré par le ministère. Â cela il faut ajouter le cas de ceux qui sont recrutés sur place alors qu'ils sont en situation irrégulière. Toutes choses qui portent à croire qu'il y a des réseaux dans cette administration. Là aussi, il y a un devoir de vigilance.