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Après le drame de Massika: Responsabilité
Auteur:  Lin-Joel Ndembet  | Date: 3 Septembre 2003  | Réactions ()
Section: Société/Culture  | Source: L'Union

C’EST dans la douleur que les Gabonais ont rendu hommage jeudi dernier aux dix sept personnes tuées dans le tragique accident de circulation qui s'est produit au village Massika sur l'axe Lambaréné-Fougamou, et dont le bilan vient de s'alourdir avec le décès de deux autres compatriotes internés depuis lors à El Rapha.

    L'hommage solennel rendu en présence des membres du gouvernement et de centaines de compatriotes était à la hauteur du choc, du traumatisme causé dans la conscience collective par cette tragédie. D'autant qu'après Makongonio, et l'accident survenu sur la Nationale 1 ayant fait 12 morts à la veille des élections de 1996, une telle hécatombe endeuillant plusieurs familles issues quasiment de la même localité, n'avait été enregistrée dans le pays.

   Dès lors s'expliquent la forte émotion et toute la douleur ressenties à travers le pays, de même que la compassion et l'élan de solidarité qui se sont manifestés en direction des familles des victimes. Notamment celle de l'Etat gabonais qui a débloqué la bagatelle de 100 millions de francs Cfa pour les frais funéraires et pour venir en aide aux familles des disparus. Ainsi que celle de la communauté nationale, par l'entremise de ces nombreux compatriotes d'horizons divers présents aux côtés des familles éplorées tout au long des obsèques.

INTERPELLATION

Dans un contexte de crise financière aigüe obligeant l'Etat à revoir ses ambitions sociales et au moment où d'aucuns dénoncent la perte de nos valeurs culturelles, le non respect de principes hérités de nos ancêtres, la conjonction de ces deux expressions de la solidarité amène à reconnaître l'importance de celles-ci.

    D'une part, l'Etat gabonais a assumé là un devoir d'assistance de grande portée sociale, que le gouvernement, principalement le ministre de la Solidarité nationale et du Bien-Etre, qui donne un sens à la notion de solidarité nationale dans le pays. Une notion à la base du Programme de l'Etat élaboré par le président de la République en vue de la nouvelle société gabonaise qu'il s'est engagée en 1998 à édifier. D'autre part, que dans la douleur, la communauté nationale ait eu une attitude authentiquement gabonaise, voire africaine, basée sur le patrimoine culturel du grand respect dû aux morts.

    Pour autant, cette solidarité de l'Etat manifestée en cette circonstance douloureuse ne saurait occulter la réelle situation décrite par ce tragique accident de la route. Qu'il s'agisse du problème de la route ou de la réglementation du trafic routier. Qu'il s'agisse encore des conditions dans lesquelles ces compatriotes parmi lesquels se trouvaient des hauts cadres de l'Administration gabonaise ont trouvé la mort à Massika.

   En effet, le bilan de dix­-neuf morts au total du drame survenu sur la route Fougamou-Lambaréné  interpelle plus que jamais l'Etat gabonais et le gouvernement de la République, plus particulièrement, sur ses obligations, et sur le respect de ses engagements en direction de ces concitoyens.

   L'une d'elle porte naturellement sur le bitumage de ce tronçon dé plus en plus meurtrier et dont une part du financement alloué avait, se souvient-on encore, été transférée, pour ne pas dire, détournée, pour des besoins en matière de santé publique.

   Près d'une dizaine d'années après le lancement des travaux de cet axe, la responsabilité du gouvernement par rapport au retard enregistré en vue de la réalisation effective de cette route, semble engagée. Tant, il est inconcevable aujourd'hui encore, malgré les fonds consacrés à ce volet, que ce tronçon prenne les formes d'une Arlésienne avec tous les risques occasionnés par son non état actuel en toutes saisons.

Cette responsabilité devrait, nécessairement, amener le ministre en charge du dossier de la route à venir s'expliquer sur l'utilisation des fonds des­tinés à ce projet. Et esquisser devant les Représentation nationale, notamment, les mesures à prendre afin de répondre, une fois pour toutes, à la longue attente née depuis le coup d'envoi des­dits travaux.

IRRESPONSABILITE

Cette responsabilité exige de ce pan de l'Exécutif de redéfinir, comme l'a proposé le président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, ses priorités. Même si ce gouvernement a accompli,

lors de ce drame, un acte riche de symbole et méritoire dans la mise en oeuvre de sa politique de solidarité nationale. Mais, la solidarité manifestée, à cette occasion; ne saurait effacer la douleur et l'émotion provoquées par la disparition tragique de ces compatriotes; victimes, aussi bien de l'imprudence du conducteur du minibus, de l'irresponsabilité de ceux chargés de mettre en oeuvre la politique inspirée par le président de la république.

   Cette irresponsabilité est liée, entre autres, à une certaine incapacité à mener à terme le projet de bituma je de cette voie incluse danse vaste projet de la route menant de Libreville au Sud du pas. Un élément moteur dans la mise en place d'une véritable société de transport trans-urbain et dans la réduction des risques occasionnés par le trafic permanent de 'clandos" et autres grumiers, autre responsabilité du gouvernement.                      

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