La famille d'un chanteur gabonais récemment assassiné a bloqué toute la nuit de mardi à mercredi l'accès à la ville de Lambaréné (230 km au sud de Libreville) pour réclamer la lumière sur ce crime, ont rapporté des témoins joints au téléphone par l'AFP.Les manifestants, une vingtaine de membres de la famille et amis du chanteur-compositeur Serge Egniga, 32 ans, ont bloqué la circulation sur les deux ponts menant à Lambaréné, dont le défunt était originaire, mardi en fin d'après-midi jusqu'à mercredi matin.
La circulation a été rétablie après une négociation téléphonique avec le président du Sénat, Georges Rawiri et le ministre des Mines, de l'Energie et du Pétrole, Richard Onouviet, deux personnalités de la communauté Myéné de Lambaréné, a indiqué à l'AFP un oncle paternel du chanteur, Jean-Rémy Egniga.
Le corps de Serge Egniga, une valeur montante de la chanson gabonaise, a été retrouvé à la mi-septembre sur une voie ferrée à la sortie de Libreville, en partie broyé par le passage d'un train de marchandises.
Son cadavre portait également une lésion à la nuque et l'impact d'un coup de poignard, accréditant la thèse d'un assassinat.
Selon la rumeur qui circule à travers le pays, l'agression du chanteur aurait été commanditée par un officier de haut rang ayant découvert que l'artiste entretenait une liaison avec une de ses maîtresses.
Les autorités de ce pays d'Afrique centrale d'un million d'habitants n'ont pas communiqué pour le moment sur cette affaire. Les artistes gabonais et des membres de la communauté Myéné, à laquelle appartenait le défunt, ont récemment organisé des marches à Libreville, Port-Gentil et Lambaréné.
Un clip passant régulièrement à la télévision gabonaise et un disque ont été réalisés par ces chanteurs, reprenant les chansons de M. Egniga et les recettes du CD seront reversées à ses enfants.
"On a bloqué la circulation à Lambaréné parce qu'on veut savoir qui sont les assassins", a déclaré à l'AFP l'oncle du chanteur.
"MM. Rawiri et Onouviet nous ont dit qu'ils avaient été arrêtés mais ils n'ont pas dévoilé leurs noms. Ils doivent venir nous voir vendredi à Lambaréné. On attend. Si rien ne se passe d'ici samedi, on rebloquera les ponts", a-t-il ajouté.