L'Exécutif, dans ses discussions avec les syndicats et le patronat, sous l'égide du président Omar Bongo, a fait plusieurs concessions en faveur des partenaires sociaux et pris des mesures d'amélioration des conditions de vie de la population.
Lin-Joël NDEMBET
LES discussions ouvertes le 22 août 2003 entre l'Exécutif, les syndicats et le patronat gabonais en vue de la conclusion d'une trêve sociale ont finalement débouché, vendredi 26 septembre dernier sur plusieurs concessions des pouvoirs publics en faveur des partenaires sociaux et des mesures d'amélioration des conditions de vie de la population à travers la réduction de 15% des prix des produits de première nécessité dans le pays.
Ces différentes mesures contenues dans un volumineux protocole d'accord paraphé par les trois leaders des centrales syndicales (Cosyga, Usap, CG L), des syndicats, des deux grandes instances patronales du pays (CPG, CNPG), par le facilitateur, Louis-Gaston Mayila le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane et le chef de l'Etat, lui-même, traduisent le réel intérêt qu'Omar Bongo, l'ensemble du gouvernement et les partenaires sociaux, portent à la suspension pendant trois ans de tout conflit social au Gabon.
Au-delà, le protocole d'accord illustre ce qui est déjà perçu dans l'opinion comme le fort engagement des pouvoirs publics gabonais, principalement du chef de l'Etat, à mener à terme les ambitieuses réformes engagées pour sortir le pays de la crise. Un objectif que se sont assignés les dirigeants de notre pays et qui plaident pour l'instauration effective d’un répit sur le front social.
REVENDICATIONS • En effet, la trêve sociale négociée s'impose effectivement au pays confronté à l'une des plus graves crises économiques et financières de son histoire. En ce sens que, comme l'avait déjà indiqué le président Omar Bongo, ouvrant le cycle des négociations en recevant les partenaires sociaux, le 22 août dernier, à la présidence de la République, mais également à la veille de la signature du protocole d'accord à l’immeuble "Bercy". La suspension du mouvement revendicatif par les syndicats qui présage d'un environnement politique et économique et social apaisé propice au développement va permettre aux autorités politiques du pays de poursuivre les efforts déployés pour redresser la situation économique et financière préoccupante et sortir du marasme actuel.
De ce seul point de vue, l'implication de l'ensemble des forces sociales à travers l'acceptation par les centrales syndicales et syndicats de surseoir à leurs revendications salariales et autres, est de bon augure pour le pays. D'autant que le respect des engagements de rigueur financière, trame principale de la lettre d'intention signée par le Premier ministre gabonais et son ministre des Finances avec le Fonds monétaire international, ne pouvait être obtenu sans l'adhésion de tous les acteurs du jeu social et économique. Encore moins, dans le contexte de trouble syndical qui se dessinait en raison des fortes attentes des travailleurs confrontés à la précarité, au mal vivre et ne pouvant encore longtemps supporter l'austérité imposée au pays.
Le gouvernement, déterminé à conclure ce contrat social et d'asseoir sa politique de rigueur, s'est employé à apporter des éléments de réponse aux revendications des syndicats. Ce malgré, il faut le dire, le dérapage observé durant la phase des pourparlers engagés à la cité de la Démocratie au vu, notamment des exigences des partenaires sociaux. Cela dit, les pouvoirs publics ont été contraints d'opposer à la volumineuse plate-forme comprenant un peu plus de deux cents points autour des aspects généraux et sectoriels, un chapelet de décisions plus juridiques que financières. Ce, en brandissant, à l'occasion, l'impossibilité de satisfaire les revendications du relèvement du Smig et autres aspects financiers, par exemple.
CONDITIONS DE VIE Des décisions qui ont buté malheureusement, dans un premier temps, devant intransigeance des syndicalistes très hostiles à la démarche des pouvoirs publics, correspondaient avec idée originelle du chef de l'Etat, laquelle indiquait clairement que l'Etat gabonais ne pouvait alourdir sa masse salariale, encore moins celle des entreprises du pays. Ce que résumait Paul Toungui lorsqu’il affirmait qu'un Etat qui a des moyens de répondre aux revendications des travailleurs ne sollicite pas une trêve sociale.
L'acceptation par la masse travailleuse des mesures gouvernementales interviendra à la suite des longues discussions que les représentants du gouvernement, les syndicats et le patronat ont eues tout juste après l'appel à la conscience patriotique lancé par le président Omar Bongo aux partenaires sociaux. Mai davantage que cela, il est important de souligner l’acceptation des pouvoir publics de poursuivre les mesures de réduction du train de vie de l'Etat. En réaffirma leur volonté de rendre effective la diminution du nombre des conseils au sein de l'appareil de l'Etat, enfin, en confirmant leur détermination à maintenir l'effectivité de la réduction des fonds commuer, et de souveraineté, baisse déjà engagées dans l'ensemble des régies financières du pays, et de l'élite politique du pays (membres du gouvernement, parlementaires, etc. ).
Cet engagement des autorités politiques du pays est plus affirmé par les mesure courageuses de baisse de 15% des produits de première nécessité prises en vue d'améliorer les conditions de vie de la population gabonaise confrontée chaque jour qui passe à la forte inflation observée sur les places commerciales du pays.
Ces mesures applicables depuis vendredi dernier touchent autant les produits laitiers, les conserves, l'huile de palme, les matériaux de construction, les consultations médicales, que les transport, etc. Reste aux responsables des départements ministériels du Commerce et de l'Economie et des Finances, à faire appliquer ces décisions pour marquer un peu plus la volonté des pouvoirs publics pour la trêve sociale.