Le président de la République a invité les partenaires sociaux engagés dans des discussions avec le gouvernement à faire preuve de patriotisme en oeuvrant pour l’aboutissement aujourd’hui de ces pourparlers imposés par la situation financière difficile du pays
Lin-Joël NDEMBET
COMME il l'avait annonce ail retour d'un long séjour privé en Espagne en France et au Maroc en marquant son intention de recevoir à nouveau les partenaires sociaux engagés dans des discussions avec le gouvernement, qui semblaient achopper sur l'insatisfaction des syndicalistes devant les réponses apportées par les pouvoirs publics à leurs revendications, le président Omar Bongo a effectivement repris hier initiative dans ces pourparlers.
Lors de la rencontre qu'il a eue hier à l'immeuble Bercy abritant les services annexes du ministère de l'Economie et des Finances sur le boulevard Triomphal, le président de la République a choisi ce lieu, comme pour marquer un symbole, pour inviter solennellement l'ensemble des composantes du corps social à conclure définitivement la trêve sociale.
Mais par le franc parler qui le caractérise, ce fut davantage pour présenter de façon plus précise et claire les raisons qui sous-tendent réellement la conclusion de ce contrat tripartite pouvoirs publics, syndicats, patronat. Une idée qu'il avait lancée lors de son discours à la nation du 17 août 2003 et qui s’imposait en raison de la situation économique et financière difficile dans laquelle le pays est empêtré.
Cette invite présidentielle faite en présence du vice-président la République, Didjob Divungi Di Ndinge, du chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, a été un élément mobilisateur dans le contexte d'incertitudes qui se dessinait après que le gouvernement et les partenaires sociaux se soient séparés lors de l'ultime séance sans véritable consensus, mais avec le seul espoir de finaliser leurs discussions autour des nouvelles exigences des syndicats.
PROGRAMME • A la suite de l'intervention du chef de l'Etat Omar Bongo hier en début d'après-midi, le Premier ministre et les ministres André Mba Obame et autres impliqués avec le facilitateur Louis Gaston Mayila, dans ces pour parlers, se sont retrouvés quelques heures plus tard dans la salle Mengane pour débattre des modalités de cette trêve que le président de la République appelle de tous ses vœux.
Cette suspension du mouvement revendicatif s'impose pour le pays d'autant plus qu'en sus des raisons invoquées déjà par le président Bongo, lui-même, dans son message à la nation à l'occasion de l'anniversaire de l'accession de notre pays à la souveraineté nationale, puis reprises lors de la première rencontre avec les syndicats le 22 août dernier à la présidence de la République et par le gouvernement tout au long du dialogue social, est venue s'ajouter à l'impossibilité actuelle pour notre pays de conclure avec le Fonds monétaire international (FMI) un programme d'ajustement structurel au cœur des longues négociations menées par les autorités gabonaises, pour cause d incidences et influences extérieures.
Devant la sérieuse impasse dans laquelle le Gabon est plongé aujourd'hui, surtout après le report de l'examen du dossier Gabon, qui semblait en bonne voie puisqu'il devait être sur la table des membres du Conseil d'administration de cette institution financière multilatérale avec laquelle le Premier ministre et le ministre d'Etat à l'Economie et aux Finances, Paul Toungui avaient signé une lettre d'intention marquant l'engagement ferme du Gabon, il était impérieux pour le président Omar Bongo, d'en appeler à la conscience patriotique de l'ensemble des composantes sociales du pays.
*AUSTERITE • Cet élan de patriotisme au cœur du message du chef de l'Etat participait de sa claire volonté et détermination de voir le Gabon sortir de la crise, de faire aboutir les discussions. Mais également et surtout de voir toutes les filles et fils du pays s'unir pour faire les sacrifices nécessaires, œuvrer aux côtés du gouvernement dans la poursuite des efforts d'assainissement des finances publiques et de redressement de notre économie. Ces efforts sont aujourd'hui présentés par les partenaires financiers multilatéraux du Gabon comme une exigence, un préalable en vue de la conclusion à terme d'un accord financier dont la durée dépendra, selon eux, des efforts consentis par notre pays.
De ce point de vue, la rencontre avec les partenaires sociaux aura sans nul doute marqué les esprits des syndicalistes venus très nombreux pour écouter le président de la République, puisqu'ils ont, à entendre nombreux d'entre eux à la sortie de la cérémonie, cerné les réels enjeux après avoir été sensibilisés sur l'importance pour le Gabon de décréter une trêve sociale en ces moments d'austérité.
Comme l'a dit hier Omar Bongo, une nécessaire implication de tous dans cette affaire est souhaitée. "Chacun de nous doit contribuer à la trêve sociale. La trêve sociale c'est la contribution de tous pour sortir de la crise", a lancé le chef de l'Etat dans une salle comble prise d'assaut par les responsables syndicaux et patronaux du pays.
Ils ont été interpellés par le président de la République, fustigeant la tournure polico-politicienne que prennent les discussions en raison des influences que subissent nombre de participants au dialogue social qui suivent ce nombreux adeptes de la poli tique politicienne, sur l'importance d'adopter la voie originelle tracée par lui.
Pour autant, le président Omar Bongo, ayant conscience des attentes de ses concitoyens, s'est à nouveau engagé à amener le gouvernement à se pencher sérieusement su la baisse des prix de produit; de première nécessité, une de préoccupations des syndicats de même que pour que ce par de l'Exécutif fasse un effort supplémentaire en direction du patronat en oeuvrant pour le paiement de la dette intérieure, élément majeur pour la reprise de l'activité économique, la création de; emplois.
Des engagement présidentiels présenté comme des gages sérieux que le président de la République entendait apporter pour faire avancer et parvenir à la conclusion prévue aujourd'hui de ce dialogue social ouvert pour la première fois avec l'ensemble des partenaires sociaux.