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Bilan Lambaréné: les raisons d’une fête en dessous des attentes
Auteur:  Lin-Joel NDEMBET  | Date: 25 Août 2003  | Réactions ()
Section: Société/Culture  | Source: L'Union

Désordre dans la réalisation des travaux, mauvaise organisation des festivités sont autant de facteurs venant s’ajouter à l’absence’’ d’orgueil provincial’’ chez certains hommes politiques et cadres locaux.

 LORSQUE le président de la République prend la décision salutaire en août 2002, de l'organisation, dans le Moyen-Ogooué et la Ngounié, du quarante troisième anniversaire de l'Indépendance; les hommes politiques et hauts cabres migovéens sont les premiers à s'organiser en vue de la réussite de cet évènement.

Ces filles et fils du Moyen Ogooué étaient conscients de ce que la réussite des festivités que leur province devait abriter trente trois ans après la fête de 1970, passait inéluctablement par la réalisation effective des travaux d'aménagement territorial initiés, conformément à la volonté présidentielle se transformer le cadre de vie des populations. Laquelle réussite devait être le principal facteur de mobilisation de ces dernières pour la commémoration de fa fête nationale.

Les 15 et 16 août 2003 à Lambaréné, ville qui a accueilli le couple présidentiel gabonais et le gotha politique national venus célébrer la fête nationale, la description de l'évènement tranche avec les attentes suscitées au départ par l’organisation dans cette localité de la fête du 17 août: Les festivités furent sans réel éclat.

INCIDENCE FINANCIERE

 *Les populations n'ont certes pas boudé la manifestation, comme on le craignait en raison du retard enregis­tré dans la réalisation des tra­vaux et dans les manifesta­tions d'impatience et de mécontentement exprimés par certains à Adouma, Atsié, Carière etc. Mais, malgré leur forte présence lors du défilé, par exemple, les Migovéens semblaient sans véritable âme, déboussolés, désorientés par l'inorganisation et les nom­breux manquements observés. Ils étaient surtout gagnés par la forte amertume consécutive, il ne faut pas avoir peur de le dire à la réalisation incomplète du lifting que devait subir le chef-lieu de la province, celui du département­ de l'Abanga-Bigné et voire même d'autres districts.

Effectivement dans la conscience collective des populations de Lambaréné et des autres circonscriptions administratives, la célébration dans leur province de cet évènement national rimait avec une nouvelle image, une autre physionomie de la ville. Un nouvel aspect architectural qui, aux yeux d'un habitant interrogé, ne devait pas se traduire seulement par le bitumage partiel de certains artères du réseau routier des deux arrondissements du chef-lieu de province. Mais aussi à travers l'édification des bâtiments administratifs que sont l'Hôtel de Ville, le Gouvernorat, ainsi que la construction du marché central, des camps de gendarmerie et police, de la salle polyvalente...

Or, les travaux de voirie réalisés ont, certes permis de rendre praticables certaines rues, mais n'ont pas totalement répondu aux attentes; puisque même les voies principales, à l'exemple de celle reliant aéroport de la ville au premier pont d'Isaac, n'ont guère été touchées. Aucun effort de réalisation de trottoirs n'a été fait nulle part. De nombreux chantiers lancés restent inachevés.

L'autre sentiment perceptible dans l'opinion migovéenne est que, malgré le satisfecit et assurances affichés par les responsables de travaux sur Ia poursuite des gros-ceuvres, leur province semble avoir été victime. L’'incompétence technique, de la cupidité, des calculs politiciens de ceux ayant eu pour  mission de rendre effective la volonté clairement exprimée par le président Bongo et abondamment relayée dans cette localité par Georges Rawiri, de faire procéder à hauteur de la bagatelle de 25 milliards de francs CFA, TVA incluse, à des travaux de restauration, de construction ou d'aménagement de la province.

Incompétence technique liée, selon un expert au fait du dossier, aux choix et décisions des structures dirigeantes ainsi qu’aux réalisations des infrastructures avec ce que cela comporte comme incidence financière. Cupidité en raison de ce que, encore pis crue dans la Nyanga et l’ Ogooué Ivindo et la Ngounié, les marchés de gré à gré dénoncés lors du Conseil des ministres et ayant amené le président de la République à commettre des missions de contrôle de travaux, ont été Ia règle.

Une situation qui laisse planer dans l'air une forte odeur de souffre dans tout ce qui a été fait. Puisqu' aujourd’hui, ils sont nombreux à dénoncer, même sous cape, les affairistes et autres profiteurs de tous poils venus d'autres coins du pays et impliqués à plusieurs échelons, dans l'organisation des fêtes; et qui ont usé de tous les stratagèmes pour se faire du beurre. Calculs politiciens en raison de ce que les rivalités politiques locales voire nationales ont été exacerbées dès lors que les uns et les autres furent tentés de tirer. profit de leurs positions pour peser sur la chaîne des décisions.

MANOEUVRES *En matière d'organisation des festivités proprement dite, la cacophonie qui a régné, le déphasage observé entre les structures nationale et provinciale d'une part, et entre les prévisions et l'existant d'autre part, n'ont guère facilité les choses. Résultat : un défilé plutôt terne malgré la mobilisation des populations venues manifester leur ferveur patriotique et réaffirmer leur attachement au président Omar Bongo. Une organisation quelconque, sans encadrement, sans coordination bien qu'elle ait été confiée à une structure appelée "Gabon Indépendance’’ .

On se demande du coup, sur quels critères ont été désignés ces hommes et femmes chargés localement de manager ces festivités dans la province: D'autant plus qu'au delà d'une certaine incompétence notoirement observée en matière d'organisation, ces femmes et hommes, gagnés aussi par le virus de la cupidité, n'ont pas fait mieux que ceux chargés de superviser la réalisation des travaux.

On a, par exemple vu, certains vendre des pagnes devant être distribués à la population jusqu'au moment du défilé, d'autres monnayer des matelas après le départ des hôtes de la province ou se lancer dans de basses manœuvres dont l'objectif premier était de grappiller dans les fonds destines à la célébration de l'évènement. Qu'a-t-on fait des sommes faramineuses mises à la disposition du Comité provincial, pour la restauration, l'hébergement, le transport, etc ? Qui doit rendre des comptes de la gestion de ces fonds . Autant d'interrogations que se posent les Migovéens et même l'ensemble de la population gabonaise.

LEÇONS *Même si nombre d'entre les fils et filles de cette province, notamment les hauts cadres, naguère très en vue dans ce genre de circonstances, ont été plutôt timorés, sans réactions fortes, voire totalement absents de la scène. Une attitude qui a eu pour effet de donner l’impression qu'ils ont contribué ou cautionné la mise en scène festive qui se jouait à Lambaréné. Et qu’ils s'inscrivaient par leur attitude dans une certaine logique, celle qui consistait à designer de facto un responsable de la réussite ou de l'échec des fêtes nationales à Lambaréné.

C'est à ce niveau, a fait remarquer un fils de cette province sur fond de critiques, que certains hommes politiques et cadres de cette localité ont manqué d'orgueil provincial en ne s'impliquant que partiellement dans l’organisation de cet événement de joie et fierté patriotique. Un manque d'orgueil qui s'est traduit par cette propension observée chez certains acteurs politiques bien connus, plus préoccupés par leurs propres intérêts que celui du plus grand nombre et de la province en général, à l'emploi des pratiques et méthodes proches d'un boycott qui ne dit pas son nom. Ce, dans le but de faire échec aux efforts déployés par d'autres acteurs politiques et fils du terroir, n'hésitant pas, comme c'est souvent le cas, à mettre les petits plats dans les grands, pour réserver au chef de l'Etat, son épouse Edith Lucie Bongo et à la délégation présidentielle et ministérielle, un agréable séjour.

Aujourd'hui, après la fête en dessous des attentes, reste maintenant aux hommes politiques, cadres pourtant très nombreux dans cette province, à tirer les leçons- de ce "semi-échec’’ et à œuvrer, comme ce fut le cas il y a peu de temps encore, dans la cohésion pour que les travaux réalisés aillent jusqu'à leur terme, de manière à ce qu

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