Le gouvernement doit aujourd'hui et demain examiner la plate-forme revendicative des syndicats. Lesquels estiment que des réponses données dépendra le niveau d'adhésion à l'accalmie sociale.
Lin-Joël NDEMBET
LE dialogue social entamé le 9 septembre dernier entre le gouvernement, le patronat et les différentes centrales syndicales et syndicats du pays, entre dans une phase décisive dans l'attente des réponses que les pouvoirs publics donneront a la plate-forme qui leur a été soumise par les représentants des travailleurs.
Après le démarrage laborieux des discussions en vue de la suspension par les syndicats du mouvement revendicatif dans le pays, le sentiment qui se dégage depuis samedi à la cité de la Démocratie, est qu'aujourd'hui et demain se loue effectivement l'acte crucial en vue de la conclusion de la trêve sociale.
Puisque les représentants des pour publics à ces discussions, notament, le ministre des Affaires sociales, André Mba Obame, et Louis Gaston Mayila, le président du Conseil économique et social, et principal facilitateur, vont devoir, après examen des revendications posées par le monde syndical dès l'ouverture et des propositions du patronat, convaincre très sérieusement les partenaires sociaux de la nécessité de conclure cette pause sur le front social.RIGUEUR ET DISCIPLINE *Cette trêve est souhaitée par le président de la République, Omar Bongo, initiateur de ce dialogue social, au moment où notre pays est engagé dans des discussions avec e Fonds monétaire international (FMI) en vue d'un accord d'ajustement triennal et les contraintes afférentes. Elle va permettre au pays de pouvoir s'attaquer aux vastes chantiers de réformes, et de redressement des finances publiques dans la sérénité. Elle est donc indispensable et sa conclusion nécessite l'implication de toutes les composantes sociales.
André Mba Obame et Louis-Gaston Mayila, qui sont parvenus à apaiser les tensions, ramener~a sérénité dans les rangs des syndicats divisés dès le début des travaux, en élargissant les discussions aux associations syndicales exclues préalablement, ces deux personnalités ont la lourde mission de susciter l'adhésion d'un plus grand nombre de syndicats, sinon de tous, à l'idée des sacrifices qu'impose la situation des finances publiques du pays. Afin que s'instaure dans le pays un climat social plus apaisé.
Il s'agit là d'un exercice difficile pour les représentants des pouvoirs publics qui ont conscience que l'instauration de cette accalmie sur le front syndical pour laquelle les syndicats ont affiché leur volonté en participant au dialogue social, repose plus que jamais, sur le niveau d'adhésion des forces syndicales. Laquelle dépendra forcément des réponses que le gouvernement apportera dès demain, aux éléments contenus dans le document présente par les syndicats. Notamment autour des points aussi bien administratif, financier que sociaux qui englobent tous les secteur s'activités du pays.ACQUIS • Dans le contexte difficile dans le lequel se situe le Gabon, pays aujourd'hui à la croisée des chemins, les pouvoirs publics qui ont affiché leur détermination de poursuivre la politique de rigueur et de discipline budgétaire, la tâche des pouvoirs publics confrontés au chapelet des revendications des partenaires sociaux n'est pas aisée.
Elle s'annonce plutôt difficile en raison de ce que les dirigeants syndicaux sont décidés à mettre un prix à la suspension pendant trois ans du mouvement syndical. Après que le ministre de l'Economie et des Finances, Paul Toungui eut clairement indiqué qu'un "État qui a les moyens de satisfaire les revendications dont certaines sont sûrement fondées ne demanderait pas une trêve sociale",il est clair dans l'esprit des syndicalistes que leurs attentes ne portent plus sur le relèvement du SMIG et sur d'autres questions financières venant obérer les efforts d'assainissement des finances publiques initiées depuis lors par le gouvernement, reconnaît un dirigeant syndical.
Il n'est pas exclu, indiquaient d'autres leaders syndicaux, qu'ils amènent les représentants du gouvernement à faire un certain nombre de concessions sur divers aspects, à afficher un peu plus leur volonté, leur détermination à respecter l'accord tripartite qui pourrait être conclu au terme des discussions. Ils se disent également prêts à pousser le patronat qui se montre déjà favorable à apporter son soutien à la trêve sociale, à maintenir, préserver certains acquis, notamment le gel des licenciements, par exemple.
Face à des syndicats qui se réunissent aujoud'hui pour tenter de s'engager uni lors de cette phase décisive des discussions, les pouvoirs publics, résolus à conclure cette trêve sociale dont le pays a besoin, ont, selon un expert participant aux travaux, la juste mesure des enjeux autant que la réussite des travaux dépend de leur capacité à mener ces "négociations".