REVOILÀ l'association des clubs de DI ! Tels des oiseaux de mauvais augure, les clubs de Première division, ou du moins certains, ont recommencé à faire parler d'eux. Non pas forcément en bien. Car il s'agit pour eux de boycotter le Championnat si la subvention que l'Etat gabonais leur octroie gracieusement par an, n'est pas encore versée. Et malgré les assurances du ministre des Sports, Alfred Mabika, certaines équipes ont quand même refusé de jouer.
Il faut avouer que cette attitude ne les grandit nullement, d'autant qu'elles n'ont pas dit à la tutelle, lors de la rencontre du lundi 14 février dernier, que le versement de l'argent n'était pas négociable. lest-ce qui s'est alors passé pour que ces clubs se rebiffent, ne tiennent pas parole et fassent finalement l'école buissonnière ? En se lançant dans ce chantage, n'est-ce pas-là, une façon de vouloir torpiller une saison qui a pourtant bien débuté, malgré tout ?
Heureusement d'ailleurs que certains clubs; souvent dindons de la farce lors des fins de saisons qui se terminent ces dernières années chez nous, par des petites combines et des désignations de champions par défaut, n'ont pas suivi cette voie en cul de sac! Et c'est tant mieux! Car il faut désormais laisser la place au jeu, au terrain. Au football tout court.
Les équipes de première division n'ont pas à se plaindre. Le Championnat de l'année dernière ayant été écourté à sept journées de la fin, on suppose qu'elles détiennent encore un reliquat de la subvention. Et comme par hasard la phase aller du critérium de la présente saison comporte ...sept journées.
Par conséquent, les clubs devraient avoir de quoi terminer cette pliasse aller-là, si la Fégafoot et surtout la tutelle avaient été un tant soit peu rigoureuses. On a préféré faire dans une complaisance injustifiée. Et aujourd'hui les clubs, du moins certains, ne sont pas reconnaissants ! Au contraire c'est un tacle par derrière qu'ils assènent à leurs bienfaiteurs hier.
Lors de sa mise en place, on pensait que l'Association des clubs de Dl avait pour objectif, entre autres, de faire progresser le football gabonais. Mais très vite on a dû déchanter. Car on se rend bien compte aujourd'hui que celle-ci est beaucoup plus une force de revendications et même de destitution ! Jusqu'à présent, elle n'a mené aucune réflexion pour le renouveau du football gabonais.
C'est vrai que la subvention est un droit. Mais que dire quand celle-ci n'est plus utilisée comme convenu ? Que dire également quand ces mêmes clubs sont motivés pour prendre l'argent du contribuable, mais ne font rien, ou très peu, pour remplir leur part de contrat ?
Prenons l'exemple de la formation, talon d'Achille de notre football. Combien de clubs forment-ils actuellement? Pas beaucoup à notre connaissance ! La preuve en est qu'aujourd'hui, de nombreuses écuries préfèrent recruter les étrangers parfois moins bons que les jeunes Gabonais, dépassant même le nombre autorisé par les statuts. 'autres feraient dans le faux et usage de faux, comme on l'a appris à Port-Gentil où deux joueurs se sont retrouvés avec des âges différents et des actes de naissance ...différents !
En tout cas, il y a réellement danger pour notre football dont la relève n'est, pour l'instant pas assurée. II n'y a qu'à voir le mal fou qu'on a pour bâtir une bonne équipe des "Panthereaux" et surtout pour renforcer l'axe de la défense de l'équipe nationale, les "Panthères", pour comprendre que la situation est grave.
C'est vrai que les clubs ont des problèmes. Mais on leur demande quand même un minimum d'efforts. Car refuser de jouer maintenant, c'est faire le sale boulot pour les Nigérians qui rencontrent notre équipe nationale dans quelques semaines. Sinon ce sera un autre tacle, mais ...assassin celui-là!