AFIN d'éclairer l'opinion nationale et internationale, mais aussi les amis et sympathisants, sur la situation qui prévaut en ce moment au sein du Comité olympique gabonais (C.O.G.),les présidents des Fédérations sportives nationale, qui en sont les principaux membres, ont tenu une conférence de presse samedi matin. Au siège de la Fédération gabonaise de handball (Fégahand) à Akébé-ville (en face de l'hôtel du stade).
Du contenu du document qui dressait la genèse de ce conflit, lu par Faustin Légot, président de la Fédération gabonaise de tennis de table, qui dirigeait les débats pour la circonstance, il ressort que depuis six ans, le bureau directeur du Comité olympique gabonais que préside M. Fidèle Waura, n'a as tenu d'assemblée généra. C'est ainsi que la majorité des présidents des fédérations, préoccupés par cette situation irrégulière, au regard des statuts du COQ se sont réunis pour examiner les voies et moyens susceptible d'amener le président de cette institution à convoquer une assemblée générale extraordinaire élective dans les meilleurs délais.
Voilà Pourquoi, conformément à l'article 7, alinéa 3, des statuts du COG, les 2/3 des présidents des fédérations ont adressé, le 20 septembre dernier, une correspondance dans ce sens au président du Comité olympique gabonais avec ampliation au ministre de la jeunesse et des. Sports et au Comité international olympique (CIO), pour l'inviter à convoquer ces assises.
Pour toute réponse, selon les fédérations, M. Waura tiendra un point de presse le 7 octobre dernier au cours duquel il avait annoncé qu'il convoquerait une assemblée générale à la fin du mois de décembre. Sous réserve, toutefois, de la tenue au préalable des assemblées générales des Fédérations sportives nationales. Et ce, en dépit de l'absence des dispositions statutaires ou réglementaires conditionnant la convocation de l'assemblée générale du COG à celles des fédérations.
Devant cette situation, les présidents fédéraux ont sollicite l'arbitrage du ministre de tutelle et ont également saisi par fax, le CIO de leur légitime démarche. Et en date du 27 octobre, Alfred Mabika a adressé une correspondance au président du COG lui demandant de convoquer une assemblée générale ce mois-ci.
Selon les fédérations, ladite correspondance est restée sans suite jusqu'au 10 novembre écoulé: Date à laquelle les présidents des fédérations ont pris l'initiative de convoquer ladite assemblée pour samedi dernier, conformément à l'article 7 des statuts du COG. Ainsi une correspondance a été adressée par voie d'huissier au président sortant pour l'en informer. Mais toutes ces démarches sont également restées sans suite.
TRACASSERIES • Les présidents des fédérations précisent qu'en lieu et place de l'organisation d'une assembles générale telle que sollicitée par les 2/3 de ses membres, le président du COG a plutôt assigné en correctionnelle, par citation directe à comparaître, le 22 décembre prochain, M. Bonaventure Nzigou-Manfoumbi, président de la Fégaboxe, et Alfred Mabika,ministre des Sports, pour incitation, diffamation, outrage, faux et usage de faux.
Aussi M. Nzigou Manfoumbi fait-il l'objet "d'interminables tracasseries" touchant son honneur et sa dignité. Face à cette dérive inexplicable, les présidents fédéraux déplorent cette situation et dénoncent avec la dernière énergie, l'exploitation extra-sportive de leur démarche du reste conforme à la légalité et prennent à témoin l'opinion nationale et internationale. Ils se réservent donc le droit de saisir toute voie de recours pour garantir leurs droits et préserver leur dignité.
Les présidents des fédérations sont du reste étonnés et surpris par l'agitation qui entoure leur démarche alors qu'elle est conforme au fonctionnement de toute association.
Enfin, ils souhaitent ardemment que la sérénité revienne au sein du mouvement sportif gabonais et que le sens des responsabilités et de l'intérêt national prenne le pas sur les considérations partisanes. C'est seulement à ce prix qu'ils pourront ensemble oeuvrer pour un développement harmonieux, dans un climat apaisé et fraternel, du sport au Gabon.
Après la lecture du document, la parole a été donnée à la presse qui a ouvert un jeu de questions-réponses. C'est ainsi que les journalistes sportifs ont voulu savoir pourquoi est-ce maintenant que les fédérations posent le problème de l'expiration du mandat de M. Waura ? Et M. Légot d'expliquer que les présidents fédéraux avaient tout simplement fait montre de patience. D'autant qu'il fallait d'abord préparer les jeux olympiques et la révision des statuts du COG, entre autres.
En réponse à la question de savoir sur quels textes s'appuiera l'élection le jour de l'assemblée générale, les présidents fédéraux ont estimé qu'étant donné qu'ils n'ont pas encore reçu les copies des nouveaux statuts de M. Fidèle Waura, seuls les anciens textes qu'ils détiennent seront pris en compte.
S'agissant de l'assemblée élective, celle qu'ils devaient tenir samedi, dernier ayant été reportée du fait de la non réponse du ministre des Sports à leur courrier les journalistes ont voulu savoir si les présidents des fédérations avaient fixé une autre date? Pas du tout. Ils ont préféré tout attendre du ministre de la jeunesse et des Sports (qui les reçoit d'ailleurs cet après-midi). Toutefois, ils n'ont pas exclu l'idée de prendre part à l'assemblée du 30 décembre programmée par le président du COG qui peut postuler à sa succession, s'il le désire.
M. Alexandre-Désiré Tapoyo, secrétaire général de la Féegafoot, qui n'avait pas signé la lettre commune, son bureau venant à peine d'être installé, a marqué son adhésion à la démarche des autres fédérations. Il y a désarmais douze fédérations sur seize qui ont décidé d'aller en guerre contre le président du COG.